mercredi 1 juillet 2015

Qu'est-ce que le C.I.S.C. ?

Anciennement dénommé Comité Erich Honecker de Solidarité Internationaliste, le Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe agit, comme son nom l’indique, pour développer la solidarité politique et matérielle avec les communistes, les progressistes et les antifascistes persécutés dans le monde et en Europe.

Dès la chute de l’URSS et l’annexion de la RDA par la RFA revancharde, le CISC , ex-CHSI, a dénoncé l’essence contre-révolutionnaire des prétendus « bouleversements démocratiques » portés par la clique gorbatchévienne.

Il ne s’agissait pas pour le CISC de donner une analyse approfondie des causes de la contre-révolution car face à la chasse aux sorcières géante qui a suivi la chute de la RDA, de l’URSS et du camp socialiste, les communistes, internationalistes véritables et antifascistes de France et d’Europe devaient avant tout s’unir pratiquement pour soutenir les camarades persécutés en ex-RDA, dans les pays baltes, les anciens pays socialistes (lois de « lustration » en Tchécoslovaquie et en Pologne, emprisonnement de militants, expulsion de la fonction publique, « pensions punitives » pour les ex-fonctionnaires de R.D.A., interdiction pure et simple des partis communistes et autres lois liberticides prises sous prétexte… de combattre le « totalitarisme » !!!).

Le CISC ne juge pas dans le détail de l’action politique au long cours des dirigeants comme Honecker ou Krenz, il part de la question « qui juge qui ? » et du constat que la barricade n’a que deux côtés : les revanchistes capitalistes et impérialistes qui ont détruit les pays capitalistes sous l’égide de l’Occident n’ont pas qualité pour juger les communistes et les antifascistes. Ils peuvent tous cependant constater, comme le font les peuples de l’Est (c’est ce que les médias appellent l’ OSTALGIE), que le bilan de la restauration capitaliste à l’Est est globalement tragique pour les acquis sociaux, pour les droits des femmes, pour la paix civile et internationale, pour la souveraineté des peuples – aspirés par le broyeur de l’UE liée à l’OTAN – pour l’emploi industriel (la plupart des pays de l’est exportent massivement des travailleurs surexploités et « détachés » sur les marchés occidentaux à défaut de pouvoir offrir du travail sur place).

Ce bilan est également très négatif pour le rapport des forces mondial entre le Capital et le Travail, entre l’impérialisme et les peuples opprimés : ils promettaient la paix, la démocratie « sans rivage » et la prospérité, et la re-mondialisation capitaliste n’apporte que guerres impérialistes, que déchirements civils, que montée de l’extrême droite raciste ou communautariste, que crise et creusement des inégalités.

C’est également vrai pour la France : l’anéantissement de l’Europe socialiste et la prétendue « réunification » allemande ont permis, avec la complicité des élites anticommunistes françaises, le lancement en grand de l’UE maastrichtienne et atlantique qui détruit méthodiquement les acquis positifs de notre pays, indépendance nationale, République une et indivisible, conquêtes sociales de 1945, etc. La criminalisation de la Révolution d’Octobre et du pays de Stalingrad, scandaleusement amalgamé dans les manuels scolaires (au nom de l’ « antitotalitarisme » sans contenu de classe) au nazisme, que les Soviétiques ont vaincu au prix d’un héroïsme de masse, a ouvert la voie au démontage des acquis de la Révolution démocratique bourgeoise en France même, tant le capitalisme actuel est devenu réactionnaire « sur toute la ligne » (Lénine).

Le CISC a donc mené de multiples campagnes pour la libération de Honecker, mais aussi pour les communistes allemands, polonais, baltes, hongrois, persécutés. Il est actif pour la solidarité avec Cuba socialiste, qui a tenu bon face à la vague contre-révolutionnaire mondiale, et qui a permis de nouvelles dynamiques révolutionnaires en Amérique latine.

Le CISC combat également la politique de fascisation de l’Europe, et tout d’abord de l’Ukraine, sous l’égide de l’UE et de l’OTAN, car LA CRIMINALISATION DU COMMUNISME PAVE LA VOIE DE LA REHABILITATION DU NAZISME ;

La présidence d’honneur du CISC est toujours assumée par Margot Honecker, ancien ministre de l’Education nationale de RDA, et par Mumia Abu-Jamal, le militant antiraciste et internationaliste états-unien injustement incarcéré depuis plus de 20 ans aux « libres » Etats-Unis d’Amérique. Un rôle déterminant dans la création du CHSI a été joué par les regrettés Henri ALLEG et Désiré MARLE, prêtre-ouvrier communiste et figure de la métallurgie CGT à Lens.

L’actuel président du CISC est Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, réprimé naguère pour avoir refusé de porter l’uniforme sous les ordres du général Speidel, ex-officier de la Wehrmacht devenu commandant en chef de l’OTAN. Vincent Flament et Georges Gastaud, fondateurs du CHSI, sont les secrétaires actuels du CISC dont le bulletin trimestriel se nomme SOLIDARITE DE CLASSE.

dimanche 28 juin 2015

Après le massacre raciste de Charleston, Mumia Abu-Jamal dénonce l'essence raciste de l'impérialisme états-unien

Remerciant la camarade républicaine espagnole qui a traduit ce texte de Mumia Abu-Jamal pour I.C., « Initiative communiste » demande à chaque visiteur de son site, non seulement de le lire et de le faire circuler, mais de le méditer. Non seulement pour comprendre la situation aux Etats-Unis, non seulement pour comprendre ce que peut être une attitude combative contre le crime mais non haineuse à l’égard des hommes, mais pour apporter toute notre solidarité à Mumia, injustement embastillé depuis plus de vingt ans par la « justice » raciste américaine.

Rappelons que Mumia est, avec Margot Honecker (et les regrettés Henri Alleg et Désiré Marle), l’un des présidents d’honneur du C.I.S.C. (comité internationaliste pour la solidarité de classe).

CHARLESTON

Un jeune Blanc, juste en âge d’être pris pour un adulte, entre dans l’église la plus historique pour les Noirs de Charleston et, avant qu’il n’en sorte, une nouvelle histoire s’est écrite.

Présent aux cours bibliques du mercredi soir, le jeune homme s’assit pendant près d’une heure, mais ses pensées ne se tournaient pas vers la vie de Jésus, ni vers ses Disciples. Ses pensées se tournaient vers la mort. Vers l’envie d’en tuer beaucoup. Vers un assassinat de masse. Quand les portes de l’église se ferment derrière lui, neuf âmes de Noirs, des anciens respectés pour la plupart, ont été fauchées, tués la bible à la main.

L’homme, enfin le jeune homme pas tout à fait homme, ne venait rien apprendre de la religion parce qu’il croyait déjà en quelque chose: la supériorité des Blancs, ou leur profonde haine contre les Noirs.

Suprématie des Blancs, c’est là le lait que tètent les bébés du sein des mères de Charleston, de Caroline du Sud, du Sud… De l’ensemble des Etats-Unis. Parce que la vérité pure, c’est que l’esclavage fonda et construisit les Etats-Unis; la clef de voûte fut la dévaluation, exploitation et oppression des Noirs. C’est la seule chose qui puisse rendre le massacre de Charleston vaguement compréhensible.

Neuf personnes furent sacrifiées à l’idole aveugle de la Supériorité des Blancs, pour la même raison que des milliers d’hommes et de femmes noirs furent linchés entre les ormes et les pins nord-américains: comme sacrifiés au nom d’une idée pour perpétuer un système d’injustice économique.

Dylan Roof, le jeune homme de 21 ans accusé d’être à l’origine de ce massacre, n’avait pas d’amis, n’avait pas d’endroit pour vivre, si ce n’est un sofa chez une de ses connaissances, il n’avait pas de travail et entretenait des relations espacées avec ses parents. Isolé, aliéné, seul au monde, la seule possession qui lui restait était son identité de Blanc, la seule chose qui donnait du sens à son existence. Telle fut l’énergie qui nourrit le massacre de Charleston.

Maintenant, cette énergie est comme un démon incube dans l’âme nord-américaine, en pleine ébullition de rage et de peur, guettant de nouvelles vies de Noirs à dévorer.

samedi 20 juin 2015

En Ukraine comme ailleurs, non au fascisme ! No Pasaran ! Plus d’un an après Maidan 2 : voici Maidan 3…

En ce moment, depuis dimanche 7 juin, à croire les agences de presse Tass et Ruptly, elles-mêmes relayées par internet, des tentes de manifestants demandant pacifiquement des comptes au gouvernement apparaissent à nouveau place Maidan à Kiev : « Maidan 3 » comme l’appelle Roustam Tachbaev, un des organisateurs du mouvement… alors que ce qu’il conviendrait d’appeler « Maidan 2 » est encore chaud et qu’une véritable guerre civile fait rage à l’Est, dans les régions du Donbass…

A la fin de l’année 2013, la population ukrainienne se montrait divisée : 38,0% approuvait une association avec la Russie, alors que 37,8% préférait une alliance avec l’Europe. Mais 24,2% ne se prononçait pas, selon les sondages d’alors.

En même temps, 41% des ukrainiens considéraient que la priorité politique et économique devait être l’intégration à l’Union Européenne (U.E.), et à l’inverse 33% se montraient partisans d’une union douanière avec la Russie limitrophe et historiquement très liée, selon des statistiques révélées par des voies de presses et autorités universitaires.

A cette époque, le refus du président ukrainien (élu constitutionnellement), Victor Yanoukovitch, de signer un accord d’association avec le bloc communautaire U.E., a poussé des activistes tant d’extrême droite comme de partis libéraux à se concentrer à la Place de l’Indépendance de Kiev (Place Maidan), comme des années auparavant pour la « Révolution Orange »… Maidan 2 s’attaquait à un régime réputé corrompu, huit ans après Maidan 1 qui promettait déjà liberté et prospérité…

Or le 18 février 2014 (Maidan 2), en ce lieu commença l’étape la plus sanglante des manifestations pro-européennes qui, avec beaucoup de violences et de manipulations, a entrainé comme on le sait un changement de pouvoir dans le pays. Dans ces troubles très violents, ont pris part de façon très active le groupe fasciste PravySector et le Parti d’extrême droite Svoboda, lesquels ont bénéficié de l’appui de l’Occident et de ses forces spéciales pour déstabiliser l’ordre du pays. Notre Comité Internationaliste de Solidarité de Classe l’a dénoncé à maintes reprises, surtout par la publication de son bulletin en langue française, et par une pétition rejetant les dangereuses ingérences occidentales en Ukraine, déstabilisant dans la violence cette région aux mépris de graves conséquences qui peut-être la mondialisation d’un conflit : et c’est encore vrai.

Comme résultat de trois jours d’affrontements particulièrement violents, 73 civils et 11 effectifs gouvernementaux, policiers et militaires, perdirent alors la vie. La majorité d’entre eux par des tireurs isolés (snipers) non-identifiés qui ouvrirent le feu contre la foule assemblée au centre de Kiev. L’ensemble de cette situation provoqua alors la destitution de Yanoukovitch, fait que beaucoup d’observateurs internationaux signalèrent comme inconstitutionnel.

A plus d’un an de ces événements violents (de Maidan 2), de nombreuses questions restent en suspens : Qui furent réellement les responsables des attaques contre manifestants et policiers ? Les promesses utilisées par les manifestants pour mobiliser l’opposition au gouvernement d’alors, ont-elles été réalisées ? Qu’ont obtenu ceux qui sortirent manifester pour exiger des améliorations de leurs conditions de vie, il y a un peu plus d’un an ? C’est ce que Maidan 3 veut apparemment rappeler aujourd’hui…

Le gouvernement victorieux post-coup-d’Etat, avec l’appui de médias occidentaux, attribue toujours la responsabilité du massacre de Maidan 2 à des officiers de Police de l’époque. Et la responsabilité suprême retombe alors sur le président destitué Yanoukovitch, ou quelqu’un de ses forces de sécurité qui aurait alors donné l’ordre de supprimer ces manifestations.

Malgré tout, le 5 mars 2014, déjà, et sans que nos médias n’en fissent grand échos, a été rendue publique un enregistrement de conversation entre la Chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton et le ministre des Affaires extérieures d’Estonie, Urmas Paet. Ashton affirmait : « A mesure de l’enquête il est de plus en plus évident que derrière les tireurs isolés, il n’y avait pas Yanoukovitch mais quelqu’un de la nouvelle coalition ». L’authenticité de cet enregistrement a été reconnue par Paet lui-même.

Pendant ce temps dans l’ex-république soviétique, l’étude de toutes les preuves disponibles, ont indiqué que les auteurs des crimes n’ont pas été des agents de la sécurité, mais bien des civils armés, toutefois on n’a jamais cherché à en savoir plus.

De la même façon, une commission spéciale du Parlement ukrainien a conclu que le premier coup-de-feu fut dirigé contre les policiers. De plus les balles extraites des corps des victimes n’ont jamais coïncidé avec les modèles d’armes-à-feu automatiques utilisées par les effectifs gouvernementaux. Pourtant cette commission a seulement rapporté que la responsabilité de ces faits retombait sur des membres d’ « entités sociales qui échappaient au contrôle », sans préciser lesquelles et surtout sans autres enquêtes.

D’un autre côté, il est évident aujourd’hui que la situation de ce pays de l’Est de l’Europe ne s’est pas améliorée comme l’avaient promis ceux qui ont appelé à l’insubordination au gouvernement de Yanoukovitch. A l’Est ukrainien, dans les régions que l’on appelle « séparatistes » de Donetsk et Lugansk, celles qui se sont constituées en Républiques Populaires du Donbass, des centaines de civils sont morts comme résultats d’affrontement entre l’armée ukrainienne, envoyée par Kiev et fournie en armes, moyens logistiques par l’Occident (U.E. et USA), et les milices populaires autochtones. Ces deux territoires n’ont pas accepté le gouvernement russophobe de Pietro Poroshenko, qui compte des ministres fascistes. Ces deux territoires russophones se sont logiquement et par volonté populaire déclarés indépendants le 12 mai 2014, comme auparavant la Crimée, russophone aussi, mais non-limitrophe et que l’on dit maintenant annexée par la Russie.

Selon la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies, le conflit dans l’Est de l’Ukraine a provoqué le déplacement de près d’un million de personnes et l’exil de 600 000 réfugiés, en plus des morts (plusieurs centaines voire milliers de civils). Le conflit –qui ressemblerait actuellement à une « guerre de positions »- serait-il « gelé », comme on le prétendrait diplomatiquement ou même médiatiquement ?

Dans ce contexte, faisant échos à ceux de septembre 2014, en février 2015, surviennent ceux que l’on appelle « les Accords de Minsk 2 » : Ukraine, Russie, Allemagne, France, réunies en Biélorussie, se sont accordées pour tenter à nouveau d’atteindre un « cessez-le-feu » total, avec échanges de prisonniers et larges corridors, à partir du 15 février dernier, et ainsi mettre fin à la situation de guerre de cette région. Un pacte qui devra se réaliser en plusieurs étapes. Celui-ci prévoit entre autres points : une nouvelle constitution ukrainienne avant la fin de l’année 2015 et les reconnaissances de « larges autonomies » (à définir) pour les régions de Donetsk et de Lougansk dans le cadre d’une sorte de fédéralisme décentralisé. Ce point risque de ne pas faire l’unanimité au sein du gouvernement de Poroshenko à Kiev, comptant des « ultra-nationalistes ».

On se demande parfois, si aux vues de l’histoire, la nation ukrainienne, « Petite Russie » à l’époque tsariste, ex-république soviétique, ensemble non-homogène d’origines ethniques : polonais, bulgares, cosaques, russes, etc, qui n’a pas une réelle unité de langue, est réellement une nation, et non une simple région agricole, minière à l’Est, maritime au Sud, qui avait une raison d’être dans un ensemble soviétique ou comme « colonie » du Tsar de Russie ? On se demande si la nation ukrainienne actuelle n’a pas d’existence seulement dans la tête d’une minorité de fascistes pronazis admirateurs de Stepan Bandera, qui par antisoviétisme collabora avec l’Allemagne du IIIème Reich ? Or cette minorité fasciste pronazie avec ses milices et autres groupements paramilitaires, se trouve actuellement dans le gouvernement de Poroshenko, à Kiev. C’est là le gros problème.

Par ailleurs, l’économie ukrainienne, avant les événements de Maidan 2, n’était déjà pas en bon état. Et avec l’arrivée au pouvoir de Petro Poroshenko, le pays a signé un accord économique avec l’U.E. qui contenait un programme de réformes du Fonds Monétaire International (FMI). Cela s’est traduit en augmentations additionnelles des prix des services publics et des coupes budgétaires dans les aides sociales. Selon des données officielles publiées en 2014, les salaires des ukrainiens ont été réduits de 11,4% comparés à ceux de septembre 2013. Et pendant ce temps, la monnaie nationale a été dévaluée de plus de 50% par rapport au dollar.

A cela on ajoute l’augmentation des prix et des tarifs. Par exemple, à Kiev le prix d’une barre de pain était en automne 2014 trois fois ce qu’il était un an auparavant, en même temps les tarifs des services publics ont pratiquement été multipliés par deux. Pendant cette même période, le gouvernement ukrainien a collecté un total de 1 400 millions de grivnes (1,4 milliard) auprès des ukrainiens, comme impôt voté par la Rada Suprême (l’Assemblée Nationale ukrainienne) pour financer la guerre à l’Est. Guerre impopulaire, si l’on considère que parfois les envoyés de Kiev ont fraternisé avec les « séparatistes » du Donbass.

Dans ces conditions, toujours est-il que l’Exécutif de Poroshenko n’a plus les moyens d’obtenir l’argent dont il a besoin pour remplir ses engagements budgétaires (si ce n’est en recevant de nouvelles subventions de l’U.E. ou des USA). Des données officielles de début 2015 nous révèlent que la production industrielle se situe à un niveau 16,3% plus bas que celui qu’elle avait un an auparavant. Et la Banque Centrale a admis que le pays ne dispose pas de réserves d’or.

En tenant compte du fait que la dette d’Etat s’élève à 74 000 millions de dollars (74 milliards, alors que la Grèce, membre de l’U.E., ne doit qu’ 1,5 milliard à l’U.E… et nos médias en font tout un plat sans parler de l’Ukraine…), la nation ukrainienne n’est pas en mesure d’honorer ses engagements de paiement de dettes et peut seulement offrir comme garantie pour les crédits du FMI les mesures antisociales exigées par l’Occident. Mais elle (non membre d’U.E.) est un enjeu géostratégique pour l’Occident et l’OTAN contre la Russie, autant qu’un enjeu économique en réserves de ressources naturelles et agricoles. Autrement dit, la néo-colonisation financière de l’Ukraine par l’Occident est très avancée : alors qu’on accuse la Russie de ne pas respecter la souveraineté ukrainienne, celle-ci est en fait menacée par l’Occident…

Faisant partie des promesses faites durant les manifestations de Maidan 2 (il y en a eu beaucoup de la part de l’U.E. comme des USA ; on se souvient de Murphy, Mac Cain, Nuland et autres comme du rôle du CDU allemand) à seule fin de mobiliser l’opinion publique pour que celle-ci appuie le mouvement contre le gouvernement d’alors : une promesse était qu’une fois la victoire acquise, tous les ukrainiens auraient le droit d’entrer dans les pays d’Europe occidentale sans visa. Cet « objectif » est resté loin de la réalité aujourd’hui, car craignant une vague de migrants, réfugiés fuyant un pays soumis à des affrontements violents, l’U.E. a renforcé les conditions d’obtention de visa pour les citoyens ukrainiens.

A propos de la mainmise d’oligarques sur le pouvoir : des analystes signalent que la tendance s’est encore aggravée substantiellement et que pour la première fois, ces oligarques disposent du contrôle politique de régions clefs du pays. Par exemple le multimillionnaire Igor Kolomoyskyi est gouverneur de la province de Dniepropetrovsk, et c’est une des figures politiques ukrainiennes les plus influentes. En même temps, ces mêmes oligarques ont protégé et misé sur la présence de bandes d’extrême droite au Parlement. Comme c’est le cas du commandant du bataillon Azov, Andrey Biletsky, connu pour son point de vue ouvertement néo-nazi ; le commandant du bataillon Donbass, Semyon Semyonchenko ou celui du bataillon Dnepr-A, Yury Bereza.

Alors que sont devenues les demandes initiales de Maidan 2, sans parler de celles de Maidan 1, cette « Révolution Orange » d’il y a 10 ans ? La manipulation des peuples ukrainien et européens n’est-elle pas maintenant évidente ? Autant que ne l’est à Kiev le péril fasciste tant au gouvernement qu’au Parlement. L’URSS puis les Alliés de l’époque, ont su l’écraser il y a 70 ans. L’U.E., aidée en cela par les USA, le rétablit-elle maintenant ? La Russie a célébré en grand la Victoire de 1945, le 8/9 mai dernier : Poutine se montre au monde en grand garant contre le fascisme. Nous nous demandions dans un article précédent, l’été dernier, s’il allait soutenir ouvertement les Républiques Populaires du Donbass contre Kiev : maintenant c’est certain. Le gouvernement de Poroshenko, c’est des oligarques et des fascistes au pouvoir, mais c’est aussi une néo-colonisation de l’Ukraine par l’Occident. C’est surtout l’OTAN en Ukraine. Autant de raisons pour que Poutine, Medvedev, Lavrov ne lâchent pas : leur diabolisation par l’Occident est ridicule. La Russie est exclue du G7, pourtant un des premiers thèmes abordés lors du récent sommet de juin 2015, est l’Ukraine, on devrait dire « la guerre en Ukraine » : les 26 morts de ce conflit, trois jours auparavant, malgré les Accords de Minsk de février, ont su rappeler l’importance internationale du problème.

Un gouvernement de fascistes et d’oligarques n’est pas soutenable, Mme Merkel, M. Hollande, surtout si ce gouvernement est issu d’un coup d’Etat déguisé, et de sanglantes manipulations, dont les USA et la CIA en seraient véritablement les seuls bénéficiaires avec l’installation de l’OTAN à la frontière russe. Les peuples de l’U.E., à commencer par le peuple français qui doit largement sa libération à l’Armée soviétique (dixit De Gaulle lui-même à l’époque), n’ont aucun intérêt à un conflit avec la Russie ; en revanche les peuples d’Europe ont tout-à-craindre et tout-à-perdre dans le développement d’un pouvoir fasciste armé en Europe à l’Est comme ailleurs. Le peuple de Kiev se réveillerait à nouveau aujourd’hui : saura-t-on l’entendre ? Que se passera-t-il si des fascistes pourtant déjà au gouvernement, grâce à de nouvelles manipulations, réalisent un nouveau coup d’Etat contre un Poroshenko jugé trop mou, trop conciliant envers Poutine et les « séparatistes » ? Une Ukraine néo-colonisée économiquement n’est-elle pas vouée à l’éclatement ?

Linet Perera Negrín et Miguel Esteban, 14 juin 2015.

jeudi 1 janvier 2015

Une ère de nouvelles relations entre Cuba et les Etats-Unis ? Et la Chine, les BRICS et l’ALBA dans tout ça ?


En 1996, Fidel CASTRO, conscient des souffrances de son peuple dans la guerre économique menée par les USA, accrues alors depuis 5 ans (disparition de l’URSS et du Comecon, donc de l’ensemble des associés économiques !), accrues par la loi Torriceli de 1992, et par les récentes lois Helms-Burton, va finalement au Vatican. Non pas pour prier. Mais avec respect, pour obtenir un soutien diplomatique international. L’acharnement inhumain étasunien contre Cuba est à son comble. Il obtient de Jean-Paul II (que personne ne soupçonnait ni ne soupçonne ni ne soupçonnera jamais de sympathie communiste !) sa visite sur l’île en 1998. La condamnation papale morale et universelle du blocus étasunien contre Cuba est sans équivoque. On aurait tord de sous-estimer ce fait, mais on aurait tord aussi de le surestimer ! Même si par la suite sous Benoît l’église s’est faite négociateur pour libérer des prisonniers cubains dits « politiques », ce n’est finalement que 18 ans après, qu’à la suite de 18 mois de négociations (grâce au secret absolu, patient et diplomatique canadien, recevant les délégations des deux pays concernés) que le pape François obtient du président Obama un échange de prisonniers historique : La Havane libère Alan Gros, véritable espion américano-sioniste subversif pour le compte de la CIA et du très officiel Département d’Etat (!), ainsi qu’un autre agent incontestable Rolando Sarraf Trujillo, ainsi que plusieurs dizaines d’autres agents étasuniens ; en échange, malgré leurs lourdes peines surréalistes, Washington libère Antonio, Ramón et Gerardo, qui sont avec Fernando et René (les deux déjà libérés et à Cuba, après avoir purgé la totalité de leurs peines injustes) : les 5 antiterroristes cubains. Ces derniers avaient été infiltrés fin des années 90 dans les milieux mafieux anti-cubains de Miami, à seule fin d’informer La Havane des projets d’attaques terroristes contre l’île : ils sont devenus très légitimement depuis 12 ans 5 héros de la République de Cuba, connus internationalement comme « les 5 de Miami ». Le retour de ces héros sur l’île a suscité joie populaire, sincère et fêtes spontanées, qui résonnent encore : c’était le 17/12/2014. C’était à la suite d’un long entretien téléphonique la veille, entre Barack Obama et Raúl Castro. Mais ce n’est pas là qu’un simple échange de prisonniers...

Il est réjouissant de savoir que Fidel à plus de 88 ans a pu assister à ce dénouement. « Volverán » (« Ils reviendront ») avait-il su nous inculquer cette inébranlable certitude il y a plus de 12 ans. Finalement « volvieron » (« Ils sont revenus »)… Surtout que de ce fait les principaux obstacles concrets, encore actuels à une possible « normalisation » des relations diplomatiques Cuba-USA, ont disparu. Ces relations étaient rompues depuis le 3 janvier 1961 : 53 ans… Depuis longtemps déjà Cuba souhaitait un rétablissement même partiel des relations diplomatiques, et des conversations dans le respect des souverainetés et indépendances. De gestion des flux migratoires certes, et surtout aussi de lutte anti-terroriste, tout en réclamant bien sûr la levée du blocus économique. Fidel président, l’expliquait ; Raoul aussi le répétait… Obama veut-il donner aujourd’hui une suite sensationnelle face au monde à sa poignée de main « historique » avec Raoul de l’an dernier ? Alors qu’un fâcheux « water-gate » aurait frustré la suite de celle entre Fidel et Nixon, en pleine guerre ouverte contre le Vietnam et l’appui US des pires dictatures sanglantes latino-américaines ?

L’ambitieux Obama veut marquer l’histoire, c’est clair et maintenant c’est assuré, à quelques mois de la fin de son second (et dernier) mandat, il renoue avec le généreux et libérateur en parole « Yes, we can ». Même si la réalité est autre… Et Guantánamo après la poignée de main, Mr President ? Seriez-vous aussi cynique que Mr Nixon, Mr President (spécialiste des drones de par le monde) ? En fait c’est le Congress qui aura le dernier mot sur le fameux blocus, et vous le savez : la levée n’est pas encore faite, donc. Affronter une opposition républicaine et démocrate dans un pays très divisé sur la question du blocus cubain, mais gagné à l’idée de sa levée à 70% selon les sondages, et où de nombreux gros affairistes –notamment ceux du Middel west d’agro-busyness- voient Cuba comme un grand marché très demandeur. Ce marché que vont bientôt occuper les Chinois ?… Busyness is busyness, n’oublions pas ! Dans une crise globalisée, ils savent tous que le gouvernement cubain est obligé et habitué depuis longtemps à payer cash… Le busyness donc est intéressant.

Le pragmatique Obama le sait aussi. La Chine, le réel grand adversaire des USA, est passé cette année première économie mondiale. Et elle est très présente sur le continent latino-américain. Les « risques » d’Obama sont très calculés : en image, c’est tout bénef pour lui ! Le congress finira par être aussi pragmatique, opportuniste et calculé que lui, vraisemblablement… Donc jusqu’où un processus de normalisation des rapports bilatéraux entre Cuba et les USA ? Nous verrons. En janvier 2015, Roberta Jacobson formalisera l’ouverture d’une ambassade US à La Havane à la place du SINA (Service des Intérêts Nord-Américain, mis en place depuis Carter, en pleine guerre froide, et où a sévi le sinistre et subversif James Cason de l’administration de W. Bush) : établissement donc de relations apaisées entre les deux pays ? L’arsenal législatif du blocus US anti-cubain (aggravé aux époques Clinton et W. Bush) est malheureusement loin d’être démantelé. Sera-t-il partiellement conservé ? Les séjours touristiques de citoyens étasuniens sont toujours interdits, par exemple. Quelques échanges d’affaires, de professionnels ou d’associatifs seront facilités, c’est vrai. Les transferts des USA vers Cuba, ne seront plus limités à 500 dollars par trimestre, mais à 2000… Les familles cubano-américaines se sentiront moins prises en otages, déchirées entre Cuba et USA, c’est vrai.

N’oublions pas que pour les USA, liberté (d’abord de commerce) signifie liberté d’exploiter : comme les cubains le savent, il est certain que les USA n’ont pas fait la paix en profondeur avec Cuba. Cette nouvelle « approche » dont parle Obama est un changement de stratégie anti-cubaine : blocus et terrorisme d’Etat seraient officiellement abandonnés. Cette stratégie coûtait plusieurs millions de dollars par an depuis trop longtemps (53 ans) et pour rien ! En plus les USA étaient unanimement condamnés (à l’exception de son allié Israël – d’ailleurs qui prétendrait qu’Israël soit prêt à ouvrir une ambassade à La Havane ?), au niveau international à l’ONU pour la 23ème année consécutive. Isolés aussi « continentalement » à l’Organisation des Etats Américains (leur propre création !). Isolés surtout face à l’ensemble des pays latino-américains (leur grand marché naturel !) qui en étaient arrivés, pour certains, suivant l’exemple de l’Equateur, à menacer officiellement de boycotter le prochain Sommet des Amériques d’avril 2015, si une nouvelle fois La Havane devait en être exclue !

Du véritable isolement de Cuba dans les années 90, le gouvernement cubain et son peuple par leur héroïque et patiente résistance unie nationale, ont su brisé cet isolement vers la fin de la décennie. Et c’est vrai : grâce au Vatican et au Venezuela de Chavez. Grâce à l’ALBA, quelques années après, à partir de 2004, et grâce à la poursuite de leur généreuse (mais coûteuse) politique internationale de médecins et alphabétiseurs : ils ont su pas à pas gagner la sympathie de l’ensemble du continent latino-américain, mais aussi en grande partie africain moyen-oriental et asiatique. Jusqu’à inverser réellement avant la fin de la décennie suivante, la tendance internationale : d’isolée, Cuba sous blocus est devenue en quelque sorte « isolante » pour les USA ! Qui eut pu le croire ? Nationalement aussi, quant à l’économie officielle, à force d’efforts collectifs : agriculture urbaine, « révolution énergétique », constructions d’infrastructures surtout hôpitaux, écoles et équipements touristiques et balnéaires etc. Cuba regagne depuis longtemps diplomatiquement et économiquement, c’est incontestable alors que les USA perdent leur hégémonie et leur influence, d’abord en Amérique même !

La récente annulation de la dette cubaine par la Russie de Poutine, les récents accords économiques avec le Brésil, et surtout le renforcement du rapprochement d’avec la Chine de ces 5 dernières années : cela (autant que l’étonnante résistance aux cyclones, comme Sandy...) a donné à réfléchir au president Obama et à ses conseillers, dans un monde en crise globalisée. Surtout que la construction de la zone franche de Mariel, vitale pour une reprise sérieuse de l’économie officielle cubaine, à 150 km de leurs côtes, les « menace » (toute proportion gardée !) économiquement : des capitaux brésiliens et chinois y sont majoritaires ! A longs et moyens termes la croissance cubaine positive et progressive est assurée ! Alors que les USA veulent eux concentrer leurs dépenses extérieures contre leur 2ème grand adversaire mondial, la Russie de Poutine sous embargo à son tour, et en graves difficultés de récession. Qu’adviendra-t-il de la guerre en Ukraine ?

Le président Raoul CASTRO qui entretient de bons rapports avec tous les pays du BRICS, notamment la Russie et la Chine, rappelle dignement que les sanctions économiques « qui causent [encore] d’énormes dégâts humains » à Cuba, restent à être levées. En concluant, pour son peuple « qui a appris à aimer Che Guevara », face à l’annonce de l’installation de l’ambassade US : « Nous devons apprendre l’art de vivre ensemble, de façon civilisée, avec nos différences ».





Miguel Esteban CASTRO, 22/12/2014.

Affiches gratuites du CISC

Bonjour,

Les affiches du comité internationaliste de solidarité de classe peuvent être commandées sans aucun frais à Madeleine Dupont par les adhérents.
Elles sont destinées à être collées, vous pouvez donc en commander beaucoup plus que deux ou trois.

jeudi 31 juillet 2014

Pétition: Halte à la fascisation en Ukraine ! Halte à la marche à la 3ème guerre mondiale !


Comme lors de la « Révolution » orange de 2004, l’Ukraine est en ce moment le théâtre de grossières ingérences extérieures : financement officiel du parti UDAR par les Républicains et Démocrates étasuniens, ainsi que par la CDU allemande, présence des sénateurs Républicain M. Mac Cain et Démocrate M. Murphy, de la secrétaire d’Etat étasunienne Mme Nuland, ainsi que de diplomates d’Etats membres de l’Union Européenne (dont la France) dans les meetings qui ont abouti au départ du président démocratiquement élu Ianoukovitch…
Ces personnalités ne se sont nullement émues de la présence massive sur la Place Maïdan des néo-nazis de Svoboda et Pravyi Sektor, pas plus qu’elle n’ont vu une atteinte à la démocratie dans l’interdiction programmée du Parti Communiste d’Ukraine à l’issue d’une enquête menée par un procureur général membre du parti néo-nazi Svoboda.
Ces soi-disant « forces de paix » que sont les U.S.A. et l’U.E. ont montré leur vrai visage en soutenant l’agression armée des populations russophones de l’est du pays qui réclamaient un statut d’autonomie et ont proclamé la République populaire du Donbass après la mise en place à Kiev d’un gouvernement qui comptait six ministres néo-nazis, et dont l’une des premières décisions avait été d’interdire le russe comme langue administrative du pays.
Enfin et surtout, les projets d’intégration de l’Ukraine à l’O.T.A.N. évidemment inacceptables pour la Russie qui se retrouverait en état d’insécurité permanente, créent la menace d’un conflit armé entre puissances nucléaires.
Les soussignés demandent au gouvernement français de dénoncer :
- la fascisation, les persécutions contre les communistes et les russophones en Ukraine
  • le projet mortifère d’entrée de l’Ukraine dans l’O.T.A.N.

Premiers signataires : Léon Landini, a. officier FTP-MOI, décoré par la France et l’URSS, président du PRCF. Pierre Pranchère, a. Résistant FTPF, a. député communiste, PRCF. Jean-Pierre Hemmen, fils de Résistant fusillé par les nazis, vice-président du PRCF. Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF, philosophe. Vincent Flament, secrétaire du CISC. Madeleine Dupont, trésorière du CISC. Suzanne Lesturgeon, membre du Comité Directeur du CISC. Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7. Gérard Cordier, CGT métallo retraité, chrétien progressiste. J-P Page, syndicaliste, ancien responsable du département international de la CGT. Quim Boix, militant communiste espagnol, dirigeant de la FSM. Eric Macia, a. membre du CC du PCF, a. secrétaire fédéral de l’Hérault, membre du PRCF. Claude-Émile Tourné, médecin retraité. Maxime Vivas, écrivain, ancien référent littéraire d’ATTAC. J-L Pujo Président des clubs "Penser la France", Rédact.chef de "Politique-actu.com". Annette Mateu Casado, Trésorière nationale du PRCF, fille de Républicains espagnols communistes et résistants. Eva Ruppert, membre du Cercle des Amis d’Ernst Thälman et du CISC (Allemagne). Anna Persichini, syndicaliste CGT. Georges Hallemayer, enseignant interdit professionnel en Allemagne pour délit d’opinion, militant du PRCF et du PCF. Yves Vargas, Philosophe. Joe Kaye, Directeur d’Éducation Politique, Mouvement du Pouvoir Populaire (U.S.A.). Christian Champiré, maire de Grenay (62). Etienne Gosset, PRCF 80. Jany Sanfelieu, militante du PRCF, fille de combattant républicain espagnol antifasciste. Gilbert Rodriguez CGT Nanterre et Front Syndical de Classe. Benoît Foucambert, Front Syndical de Classe. Vladimir Caller, journaliste (Belgique). Roland Diagne, militant communiste. Bruno Drweski, Historien, Politologue, Collectif "pas en notre nom". Gilda Guibert, agrégée d'histoire. Jean Réveillac, militant internationaliste, Jo Hernandez, ancien militant de la CGT et du PCF, animateur de la commission lutte du PRCF. Cyrille Ferro-Steyaert. Rose-Marie Serrano, traductrice, militante pour la République espagnole. JC Houseaux, ancien membre du comité fédéral 62 du PCF, Jean Clavel, ancien soldat du refus de la guerre d'Algérie, Anouk BRETON Maire-adjointe PCF ville de Grenay, Miguel Esteban membre du Comité Directeur du CISC, Gilles Questiaux membre du comité national du PCF, Pasquale Noizet membre du comité national du PCF, Fadi Kassem professeur agrégé d'histoire, Claude Beaulieu Président du Comité Valmy, Joe Kaye, Directeur Politique du Mouvement pour le Pouvoir Populaire (USA)

Signez la pétition en ligne sur ce site internet:

mardi 29 juillet 2014

CONFLIT EN UKRAINE SITUATION DEBUT JUILLET 2014 par Miguel Esteban



Vendredi 4 juillet 2014, le journal français « Le Monde », écrit que dans l’extrême est de l’Ukraine, sur la colline de Krasnodon, l’armée ukrainienne lance « l’assaut final » pour « venir à bout de l’insurrection armée qui, depuis deux mois et demi, embrase cette partie du pays ». « Nous attaquons », a dit le président Petro Porochenko, rompant ainsi le 1er juillet « un fragile cessez le feu de dix jours ». Son ministre de l’Intérieur promettrait que « les terroristes seraient vaincus en deux semaines ». Le quotidien français ne dit pas quel est le nom de ce « ministre de l’Intérieur » : s’agit-il du fasciste Ihor Teniouk (ex-) ministre de la Défense, ou de son collègue, directeur du Conseil National (de Kiev) de Sécurité Andriy Parubiy, qui n’est autre que le directeur de la milice militaire du parti néo-nazi Svoboda ? Et de quels « terroristes » s’agit-il ?
Le journal « Le Monde » dans ce même article avoue par ailleurs et en gros-titre ( !) « le bataillon séparatiste de Krasnodon est composé en majorité d’employés des mines environnantes (et de quelques volontaires russes) ». Ce serait donc eux les « terroristes » ? Or on sait qu’il reste beaucoup de communistes en Ukraine malgré la récente interdiction du P.C.Ukrainien ainsi qu’en Russie, indépendamment du gouvernement Poutine-Medvedev. Le périodique affirme aussi que « depuis le début du soulèvement dans l’Est, la frontière [Ukraine-Russie] est un enjeu vital pour les deux camps. Sans son contrôle, pas de victoire possible. » Par ce même journal, l’OTAN nous est confirmé comme un allié certain de Kiev, en documentant son armée sur les mouvements des troupes, de « l’équipement, les munitions et les volontaires russes ». Ceux-ci viendraient surtout de Rostov-sur-le-Don, côté russe à peu de kilomètres de Krasnodon. Ces volontaires seraient recrutés sur Internet avant de se concentrer dans la ville frontière de Rostov pour passer en Ukraine. Dans le sens inverse, des milliers de réfugiés, fuyant les violences, se dirigeraient massivement vers la Russie.
Car alors que l’attaque se porterait « sur les places fortes des séparatistes : Louhansk, Kramatorsk, Sloviansk, Andratsyt… », l’envoyé spécial de « Le Monde » affirme que « les séparatistes de Krasnodon » seraient « plus de 300, à en croire Andrei, un des commandants du groupe placé sous l’autorité de l’Armée du Sud-Est, la principale branche armée des séparatistes qui ont proclamé « Républiques Populaires » les régions de Donetsk et de Louhansk. » Et il décrit alors Andrei comme « un jeune homme calme, méticuleux », qui aurait « été nommé commandant à 28 ans parce que en général on lui fait confiance ». L’envoyé spécial même s’il rapporte la « froideur » de « sa colère » (pour reprendre ses termes) contre la prise de pouvoir par les fascistes de Kiev, et « contre les patrons de sa mine qui gagnent cent fois plus que lui en restant en sécurité à la surface », voudrait en même temps nous faire croire à l’ inexpérience d’Andrei, donc à une possible manipulation (sous-entendue russe), en décrivant une perte de contrôle de soi de la part d’Andrei, ce jeune commandant (Sachons que la plupart des jeunes commandants révolutionnaires dans l’histoire mondiale n’étaient guère plus âgés)… Et « en fait d’unité mobile » il décrit un « étrange équipage d’une trentaine d’hommes, mêlant des guerriers surarmés, l’air expérimenté, à de jeunes combattants ». « L’un d’eux traîne une kalachnikov trop grande pour lui », écrit-il…
Les sous-entendus de l’envoyé spécial du Monde, essaient de prouver l’amateurisme ou plutôt l’impréparation des séparatistes et une manipulation qui ne pourrait être que russe. Et il veut ainsi nous faire croire à une annexion pure et simple de Donetsk en rapportant en anecdote et en conclusion : l’histoire du SMS inattendu de l’opérateur du téléphone mobile, qui souhaite de façon inattendue la « Bienvenue en Russie » (en russe) en arrivant en voiture militaire par erreur dans cette ville : Donetsk. Suite à la description d’un parcours en automobile dans une confusion enfumée par les tirs de mortier ukrainien, partant de Krasnodon… Mais à lire cet article on sait que sous nos yeux cette révolte s’est réellement changée en révolution anti-oligarchique ; son caractère de classe est évident. Et on lit ailleurs que dans le journal « Le Monde » : « il y a aussi les travailleurs de Russie, qui sont solidaires du peuple frère ukrainien… ». Ce qui explique les volontaires russes.
En fait Andrei ne ressemblerait-il pas plutôt à ces jeunes officiers, plus ou moins improvisés, de la guerre révolutionnaire espagnole de 1936 contre le franquisme ? Cette guerre civile actuelle contre un centre, pouvoir fasciste à Kiev, anti-communiste (une des premières mesures de ce gouvernement a été d’interdire le P.C. d’Ukraine), curieusement européiste et allié à l’OTAN, ressemble réellement à un sursaut populaire rebelle de résistance. On lit ailleurs que des forces de Progrès seraient passées à l’offensive contre les forces fascistes de la Réaction. Faut-il attendre l’issue de cette guerre pour reconnaître une tentative d’organisation en républiques révolutionnaires et populaires ? Donetsk, Louhansk, Donbass, voyez vous-même sur internet… Combien de temps tiendront-elles ?...
Que pensent et veulent réellement Poutine, Medvedev et Lavrov ? Soutiendront-ils ouvertement une « République Populaire » dans l’Est de l’Ukraine, jusqu’au bout ? Ce serait leur intérêt ? Car c’est stratégiquement vital pour la Russie. Et la menace de l’OTAN leur est évidemment inacceptable... Après le début des sièges et pilonnages à armes lourdes, le 11 juillet, des villes de Donetsk et de Louhansk, la nouvelle pour le 14 juillet de cet avion militaire des forces de Kiev abattu par un missile russe est-elle vraie ou est-elle de « l’enfumage médiatique » ? Puis le 16 un autre ? Sachant que le gouvernement de Poutine n’a pas reconnu les Républiques Populaires du Donbass, pour leur donner au niveau international une existence légitime… L’Europe et surtout l’Allemagne, sont-elles prêtes à se priver du gaz russe ? Vraisemblablement pas, malgré des appels à sanctions anti-russes. Mais l’U.E. (soutien aussi de Porochenko) peut-elle être entraînée par les USA dans un conflit, surtout si Porochenko et ses forces fascistes en arrivaient à faiblir ? Jusqu’à quel point les USA en revanche veulent installer l’OTAN jusqu’à Odessa, en Crimée ? Puis le 18 juillet tombe la nouvelle qu’un boeing des Malaysian Airlines (avec à son bord un sénateur néerlandais, des scientifiques et autres civils) en partance de Hollande en direction de l’Australie a été abattu par un missile sol-air : les deux parties, Kiev et les rebelles, s’accusent mutuellement… Poutine en appelle à un règlement urgent du conflit.
On sait que Poutine, Medvedev, Lavrov et tout le corps diplomatique qui les accompagne, s’entendent bien avec Cuba (et avec l’ensemble des pays de l’ALBA). Mais celui qui écrit ces quelques lignes ne connaît pas la position officielle cubaine sur le sujet, depuis avril dernier. Malgré sa puissance militaire certaine : il est fort douteux que Cuba s’engage dans un conflit, le temps des interventions africaines et angolane en particulier, est bien révolu. En revanche Cuba (comme les autres pays de l’ALBA) reconnaitrait certainement les Républiques du Donbass, si Poutine reconnaissait ces Républiques Populaires… et que ferait la Chine ? Puis alors d’autres pays ?
On n’est pas loin d’une internationalisation du conflit de toute façon… Mais jusqu’à quand vivront ces Républiques Populaires de l’Est de l’Ukraine ?... Assurément le risque de guerre mondiale pourrait bien leur survivre…


Miguel Esteban, 18/07/2014.