mercredi 28 novembre 2018

Arrestation de Benoît Quennedey : une scandaleuse tentative d’intimidation contre l’AAFC !


Benoît Quennedey, président de l’Association d’amitié franco-coréenne, a été interpellé dimanche soir et placé en garde à vue, dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure à Levallois-Perret. Sa garde a vue a été prolongée mercredi matin. Officiellement, il est accusé de « recueil et livraison d'informations à une puissance étrangère ». La DGSI l’a dans le collimateur depuis un an, et une juge d’instruction a été nommée en mars dernier à ce sujet. Mais quelles « informations » cet énarque et haut fonctionnaire, administrateur de la Direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins du Sénat, chargé de la division administrative et financière, a-t-il donc pu transmettre ?

Selon France Info TV, « il est soupçonné de transmettre à Pyongyang des informations en tout genre liées aux actualités du Sénat. » *
Bigre ! La République Populaire et Démocratique de Corée serait donc au courant des « activités du Sénat » français ! Voilà qui est grave, et nécessitait évidemment que la puissance publique finance une cellule d’enquête ! On tremble à l’idée de ce que Kim Jong Un peut faire avec cette bombe ! « S'il ne s'agit pas de secrets d’État, les services de renseignement et la juge ont tout de même décidé de l'interpeller et de mener des perquisitions à son domicile et à son bureau au palais du Luxembourg, » précise FITV. Bref, les informations en question n’ont rien de sensible, mais nos barbouzes et justiciers ont décidé de sévir malgré tout. Il faut dire que nos James Bond, OSS 117 et autres juge Dredd s’ennuient à mourir, car la France n’a aucune menace véritable à contrer – comme par exemple, des projets d’attentats islamistes intégristes, n’est-ce-pas ? Pour ceux qui persisteraient à douter de l’aspect politique de cette arrestation, le même média indique que Benoît Quennedey est aussi accusé « de faire du lobbying auprès d'élus en faveur du régime nord-coréen » ! Voilà qui est clair !

Promouvoir l’Arabie Saoudite (actuel responsable d’une guerre et d’une catastrophe humanitaire au Yemen, et bailleur de fonds notoire des terroristes de l’État Islamique), le Qatar (autre soutien des jihadistes dans le monde), Israël (qui détient le record des condamnations par l’ONU pour ses crimes contre le peuple palestinien), l’Ukraine (qui compte plusieurs néo-nazis dans son gouvernement), etc. ne vous attirera aucun ennui. Vous pouvez même vous prononcer en faveur d’une armée européenne - ce qui revient à laisser l’Allemagne mettre la main sur l’arme nucléaire française – on saluera votre esprit d’ouverture et votre engagement en faveur de la paix. 
En revanche, chercher à assouplir la position française – seul pays d’Europe avec l’Estonie à n’entretenir aucune relation diplomatique avec la RPDC ! - est assimilé à un crime ! Quoi qu’on pense de la RPDC et de ses dirigeants, elle n’est pourtant en guerre avec personne. En 1950, elle a tenté de réunifier par les armes la péninsule coréenne, dont la partie méridionale était occupée par les États-Unis, qui y maintiennent encore 25 000 soldats aujourd’hui, et imposent la division du pays contre l’avis de la population. Elle l’a payé au prix fort : Comme l’a déclaré le général O’Donnell, commandant du Far Eastern Air Force Bomber Command,en juin 1951 : « Tout, ou presque, du nord de la péninsule coréenne, est dans un état terrible. Tout est détruit. Il n’y a plus rien debout digne de ce nom... Juste avant l’arrivée des Chinois, nos avions étaient cloués au sol. Il n’ y avait plus rien à bombarder en Corée. »
L’arrestation et la garde à vue de Benoît Quennedey sont à l’évidence une manœuvre politique contre une association dont le principal tort est de refuser l’alignement de la France sur les USA. 

Le CISC proteste vigoureusement contre cette tentative d’intimidation indigne d’un pays qui se prétend « la Patrie des Droits de l’Homme ». La France s’honorerait bien davantage et en oeuvrant pour la paix en Corée et en normalisant enfin ses relations avec la RPDC, au lieu de faire preuve à son égard de moins de souplesse que Donald Trump lui-même !

* https://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/ce-que-l-on-sait-du-haut-fonctionnaire-du-senat-soupconne-d-espionnage-au-profit-de-la-coree-du-nord_3072525.html

mardi 24 juillet 2018

Pétition internationale à l’ONU pour défendre les droits du Parti Communiste de Pologne !

Adresse à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU -  Copie aux gouvernements nationaux des primo-signataires


Lien vers la pétition
 
A l’appel du COMITE INTERNATIONALISTE pour la SOLIDARITÉ DE CLASSE (CISC), du POLE de RENAISSANCE COMMUNISTE en FRANCE (PRCF) et de l’ ASSOCIATION des AMIS d’ EDWARD GIEREK (France), les signataires de ce texte, démocrates de toutes sensibilités, déclarent :

DÉFENDRE LES DROITS du PARTI COMMUNISTE DE POLOGNE (KPP) MENACÉS PAR LES AUTORITÉS RÉACTIONNAIRES DE VARSOVIE, C’EST DÉFENDRE LES LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES DE TOUS DANS L’ENSEMBLE DE L’EUROPE !


Dans le silence complice des grands médias, le régime clérical-fascisant de Varsovie et sa « justice » aux ordres déploient une entreprise liberticide digne du sénateur Mac Carthy et de sa sinistre chasse aux sorcières. Au nom de la « défense de la démocratie » (!), il s’agit d’interdire le Parti Communiste de Pologne, de harceler son journal Brzask (L’Aurore) et de persécuter ses militantes et ses militants courageux.

La ridicule argumentation anticommuniste des autorités polonaises cache mal leur volonté d’empêcher les travailleurs, la jeunesse et le peuple polonais de faire échec à la fascisation de ce pays par le parti au pouvoir, le « PIS ». En persécutant les communistes, le PIS veut intimider tous les Polonais qui refusent l’étranglement des libertés démocratiques, l’arasement des acquis sociaux, la destruction des droits des femmes, la persécution des idées de laïcité et de libre pensée, le foisonnement de milices ouvertement fascistes, l’inféodation du gouvernement actuel à l’OTAN dans le cadre des préparatifs atlantiques de guerre contre le peuple russe.

L’argumentation « antitotalitaire » des autorités polonaises est grotesque : alléguer l’ « antitotalitarisme » pour interdire un courant d’opinion et purger le sol polonais de toute trace laissée par la République populaire de Pologne et par le mouvement ouvrier antifasciste, donc réduire et détruire le pluralisme politique en Pologne, c’est clairement démontrer que la référence à l’ « antitotalitarisme » n’est qu’un masque : celui de la haine de classe des privilégiés à l’encontre de tous ceux qui contestent les immenses dégâts sociaux liés à la restauration de l’exploitation capitaliste sur le sol polonais.

Loin de condamner ces agissements liberticides au nom des « valeurs humanistes » dont elle se targue, l’Union européenne ferme les yeux ; elle encourage même ces persécutions anticommunistes en pratiquant un amalgame odieux entre le fascisme et le communisme, entre l’Allemagne nazie, qui a détruit la Pologne et exterminé sur son sol des millions de juifs, et l’URSS qui a perdu 27 millions des siens pour écraser Hitler. En revanche, l’UE et la plupart des capitales européennes, dont beaucoup appliquent chez elles de graves mesures liberticides, antisyndicales et antisociales, font montre d’une rare complaisance envers les nostalgiques de Hitler et de Mussolini qui infestent déjà nombre de gouvernements européens.

Conscients qu’en toutes circonstances, l’anticommunisme d’Etat n’a jamais produit rien d’autre que la fascisation politique, la régression sociale, l’étouffement des peuples et la mise à mal de la paix mondiale, les signataires de cet appel, démocrates de toutes sensibilités, demandent instamment à la Commission des droits de l’homme de l’ONU

  • de condamner haut et fort le comportement liberticide et discriminatoire des autorités polonaises,

  • d’exiger la pleine liberté d’organisation et d’expression pour le PC Polonais de Pologne, pour sa presse et pour ses militants,

  • de réprouver le négationnisme historique qui sévit en Pologne en exigeant le plein respect de la mémoire ouvrière et antifasciste en Pologne

  • de rappeler à l’UE qu’elle s’est engagée à faire respecter la libre expression politique de l’ensemble des citoyens et des personnes qui résident à l’intérieur de ses frontières.

A l’appel de Vincent Flament, secrétaire général du Comité pour la Solidarité de classe (CISC), Georges Gastaud, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), fils de Raymond Gastaud, décoré par la République Populaire de Pologne pour avoir facilité l’évasion de soldats polonais recrutés de force dans la Wehrmacht, Jacques Kmieciak, journaliste, président de l’Association des Amis d’Edward Gierek

Liste des primo-signataires en France

  • Léon Landini, officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de guerre, officier de la Légion d’honneur (92), président de l’Amicale Carmagnole-Liberté (FTP-MOI)

  • Pierre Pranchère, anc. député de la nation et anc. eurodéputé, Combattant Volontaire de la Résistance, anc. des Maquis de Corrèze, président de la commission internationale du PRCF

  • Daniel Antonini, PRCF, membre de la commission internationale du PRCF (62)

  • René Barchi, historien du détachement féminin Rodina (qui se battait aux côtés des FTP-MOI polonais dans l’Est de la France)

  • Noëlle Barth, militante syndicale (13)

  • Louis Bembenek, syndicaliste CGT retraité mineur, membre du PCF, Masny (59)

  • Dominique Buisset, poète, traducteur

  • Tristan Burot, étudiant en droit.

  • Catherine Cazenave, professeur de philosophie, Marseille.

  • Francis Combes, poète (93)

  • Sylvain Crovisier, mathématicien (92)

  • André Delcourt, ancien maire et conseiller général du Pas-de-Calais, enseignant honoraire

  • André Desmarez, journaliste honoraire, ancien correspondant en Pologne de L’Humanité (62)

  • Gilliatt De Staërck, conducteur de bus, animateur national des JRCF

  • Daniel Dewalle, ex-maire PCF d'Houdain et conseiller général du Pas-de-Calais

  • Bruno Drweski, maître de conférences, membre du conseil national de l’ARAC

  • Clément Echenne, étudiant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) en Master d'études politiques.

  • Benoît Foucambert, professeur d’histoire-géographie, syndicaliste (81)

  • Nawres Ghabi, jeune professeur d'histoire-géographie

  • Danielle Gautier, syndicaliste de la métallurgie (63)

  • Sylvie Guduk, militante du PRCF (59)

  • Odile Hage, conseillère municipale de Douai (59)

  • Georges Hallermayer, journaliste (Moselle)

  • Patrice Hemet, porte-parole du Mouvement pour un Socialisme du 21ème siècle

  • Jean Pierre Hemmen directeur politique de la revue EtincelleS, fils de commandant FTP fusillé par les nazis, séjour de trois mois en Pologne populaire en 1953 ;

  • Jo Hernandez, secrétaire de la commission Luttes du PRCF, anc. membre du secrétariat de l’UD-CGT du Tarn

  • Jean-Loup Izambart, journaliste d’investigation indépendant, écrivain (46)

  • Wendy Johnson, traductrice

  • Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire émérite d’histoire contemporaine de l’Université Paris-VII

  • Patricia Latour, journaliste, 93

  • Jacqueline Lavy, militante syndicale CGT (74)

  • Yves Letourneur, poète, philosophe

  • Antoine Manessis, animateur de la Commission internationale du PRCF (38)

  • Annette Mateu Casado, fille de Républicains espagnols, communistes et résistants, PRCF

  • Christian Mileschi, professeur des universités, Paris-Nanterre

  • Aymeric Monville, éditeur, philosophe (92)

  • Jérémie Ozog, professeur de S.E.S., responsable formation du PCF-06

  • Anna Persichini, retraitée, syndicaliste CGT de la métallurgie (06)

  • Christophe Pouzat, neurobiologiste (94)

  • Gilbert Rodriguez, militant syndical (FSC, CGT), 83

  • Adrien Roussel, militant FERC-CGT, militant insoumis

  • Jany Sanfelieu, PRCF, fille de combattant républicain espagnol antifasciste (89)

  • Rose-Marie Serrano, militante pour la Troisième République espagnole, traductrice, Paris.

  • Roger Silvain, syndicaliste, ancien responsable CGT à Renault-Billancourt en Mai 1968 (92)

  • Romain Telliez, historien, Université Paris-Sorbonne

  • Simon Verdun, diplômé de philosophie, élève de l’Ecole Normale Supérieure

  • Eva Ruppert, membre de la direction du Comité pour la mémoire d’Ernst Thälmann (RFA)

Initiateurs hors de France

  • Alessio Arena, Secrétaire central du Fronte Popolare (Italie),

  • Massimiliano Ay, député au Parlement du Canton Tessin et secrétaire politique du Parti Communiste (Suisse)

  • Barbara Flamand, écrivaine, Bruxelles, Belgique

  • Ricardo Huerta Blanco, président de l’Association d’Amitié hispano-soviétique

  • Davide Boffi, Selena Difrancesca Antonio, Guido Salza, Francesco Delle Donne, membres du  secretariat du Fronte Popolare (Italie)

  • Quim Boix, secrétaire général de l’Union Internationale Syndicale de la Fédération syndicale mondiale (pensionnés)

  • Edoardo Cappelletti, juriste, participant au Comité Juridique de la Fédération Syndicale Mondiale et membre de la Direction du Parti Communiste (Suisse)

  • Zeno CASELLA, coordinateur du Syndicat SISA Suisse et conseiller communal du Parti Communiste à Capriasca (Suisse)

  • Julio Diaz, Secrétaire à l’organisation du Parti Communiste des Peuples d’Espagne.

  • João Ferreira, João Pimenta Lopes et Miguel Viegas, députés du Parti Communiste Portugais au Parlement européen

  • Joe Kaye, militant, écrivain, New-York, USA

  • Victor Manuel Lucas, Secrétaire du Parti Communiste des Peuples d’Espagne aux Relations Internationales

  • Anita Leocadia Prestes, professeur d’Université (UFRJ), Brésil

  • Fausto Sorrini, rédacteur de Marx 21 (Italie)

  • Carmelo Antonio Suarez, Secrétaire général du Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE).

  • Miguel Angel Villalón Rivera, secrétaire général de Union proletaria (Espagne)

mercredi 23 mai 2018

14 mai 2018 : JEUNESSE PALESTINIENNE ET 70 ANS DE NAKBA


Naître et vivre sa jeunesse en Palestine est dramatique depuis longtemps, parce que vivre en Palestine est devenu dramatique, il y a 70 ans. Actuellement 6 119 palestiniens sont prisonniers en Israël -proportionnellement au nombre d'habitants : c'est comme si 80 000 français étaient prisonniers politiques en Allemagne ou en Belgique, pays limitrophe et « illégalement » pays ennemi-, et parmi ces prisonniers 330 enfants et plus de 10 députés, c'est-à-dire des élus de l'Autorité Palestinienne. La France supporterait-elle que presque 150 de ses députés soient prisonniers en Allemagne ou en Belgique ? Quel espoir de vie non-emprisonnée reste-t-il à ce peuple palestinien, à ses élus et surtout à ses jeunes ?

Quelques exemples connus : Salah Hamouri, jeune franco-palestinien, avocat de 32 ans, emprisonné depuis le 23 août 2017 ; Ahed Tamimi, jeune fille de 12 ans, devenue un symbole international, depuis le 19 décembre 2017 ; Khalida Jarrar, jeune femme députée, depuis juillet 2017 (11 mois déjà) en détention administrative ; Munster Amira jeune adulte pour avoir manifesté en soutien pour la mineure Ahed déjà mentionnée ; Marwan Barghouti (le plus célèbre), depuis une quinzaine d'années, condamné à perpétuité et député de l'Autorité Palestinienne... et de nombreux autres. Sans oublier George Ibrahim Abdallah, combattant libanais pour la cause de la Palestine, maintenu en prison -parce qu'Israël et USA le demandent au gouvernement français- en France depuis le 24/10/1984 (soit 2 ans après les Massacres palestiniens au Liban de Sabra et Chatila), et presque 35 années de prison dans le « pays des droits de l'homme »...

Comme chaque 14 mai on célèbre la fondation de l'Etat d'Israël, et Trump a décidé de transférer sa représentation diplomatique de Tel-Aviv à Jérusalem (qui n'est pourtant pas la capitale d'Israël) précisément ce jour. Ce même jour c'est aussi l'anniversaire de la NAKBA, celui de la catastrophe pour la Palestine. Provocation de Trump et Netanyahou ? Flambée à Gaza... Déjà en 1948, l'idée que la Palestine, alors sous mandat britannique auprès de l'ONU, était une « terre sans peuple » qui convenait à un « peuple sans terre », tragiquement martyrisé lors de la Seconde Guerre Mondiale, terminée 3 ans auparavant, est une idée qui s'était alors imposée car elle convenait à peu près à tout le monde. La solution internationale pour le « peuple sans terre » depuis des siècles, le peuple juif. Seulement l'idée était tragiquement fausse -comment réparer une tragédie par une autre ?- : la Palestine n'était pas une « terre sans peuple ». Nier ses peuples arabes autochtones séculaires était et reste douloureusement absurde et lourd de conséquences violentes...



On ne peut oublier la destruction entre 1947 et 1948 de plus de 400 villages palestiniens dont le plus connu fut Deir Yassine avec ses 250 habitants massacrés par les forces militaires israéliennes, ou comme elles se définissent alors elles-mêmes : par les forces militaires juives ou sionistes. On voit clairement déjà combien l'appartenance religieuse et la mauvaise conscience de l'Occident vis-à-vis des Juifs sont alors instrumentalisées à des fins politiques brutales et coloniales : le sionisme est aussi inacceptable il y a 70 ans, comme il l'est maintenant ; certains disent qu'il est la folie meurtrière du Judaïsme, comme l'Islamisme est la folie de l'Islam. Un musulman ne doit pas plus être terroriste, qu'un juif ne doit être sioniste, ce qui revient au même au fond. Israël peut-il devenir autre chose qu'un Etat sioniste, religieux et brutal ? Peut-il voir la Nakba en face, et changer son attitude nationale ?

– 805 000 palestiniens expulsés de leurs terres, et dont les descendants attendent encore le respect et l'application de la résolution 194 du 11 décembre 1948, votée par l'ONU. Le « droit au retour » internationalement reconnu. A quoi correspond la concentration actuelle de 40000 palestiniens environ de la « Marche du Retour » de ce printemps;

– 25 000 hectares confisqués en Cisjordanie, 2 850 maisons démolies, 150 000 oliviers et arbres fruitiers arrachés ;
 
– bouclage militaire des territoires occupés, entraînant humiliation et paupérisation [dans le camps de Gaza le taux de chômage atteint 70% environ, en Cisjordanie 60%] ;

– poursuite de la colonisation rongeant Gaza, Cisjordanie et Jérusalem Est ; aujourd'hui on a dépassé les 700 000 colons, protégés par Tsahal qui tue et emprisonne des palestiniens.


La politique de ségrégation et d'extermination du peuple palestinien, peuple de 5 millions aujourd'hui, par les forces d'occupation israéliennes, intensifiée aujourd'hui, est inacceptable.

Gaza terre isolée de Palestine, est une bande de terre le long de la mer sur 41 km et concentre 1,8 million d'hbts sur 365 km2 : une véritable « prison à ciel ouvert » ! Qui plus est, sous blocus illégalement imposé par Israël depuis 10 ans !

L'historiographie officielle d'Israël nie la réalité historique de son origine : le tabou autour de la Nakba affecte même les programmes scolaires israéliens. Les pays occidentaux suivent scandaleusement et aveuglément cette attitude mensongère, influencée par un Likoud suivant un Benyamin Netanyahou (comme en 1996, lors des fâcheux « attentats suicides » en Israël, successifs à la Première Intifada, aux désespoirs et à la montée des violences) et sa politique brutale d'extrême droite intransigeante. Ici, aujourd'hui on assimile faussement toute critique politique d'Israël et antisionisme pour de l'antisémitisme. Alors que l'organisation israélienne Zochrot, fondée en 2001, prétend courageusement enseigner la Nakba à la société israélienne qui l'ignore majoritairement, et ainsi rompre le tabou, véritable obstacle à la justice et la paix. Cette organisation serait-elle condamnée pour « antisémitisme » en France ?

Le 18 Mai 2018, tout de même un député français Jean-Paul Lecocq, un seul, a eu le courage de rappeler ouvertement à l'Etat d'Israel qu'il était devenu un « Etat terroriste » depuis au moins l'opération « Plomb durci » il y a 9-10 ans et son cruel blocus contre Gaza, prétextant une guerre contre le Hamas.

Le 30 mars 2018 et “Vendredi Saint” en Palestine : Par voie d'internet et en un message chargé d'émotion, de non-violence et de dignité, le jeune palestinien Ziad Medoukh, depuis Gaza, informe le monde en direct, de la brutale, sanglante et injustifiable répression aux frontières des Forces Armées d'Israël, contre un peuple palestinien non-armé, venu en masse à la frontière (plusieurs dizaines de milliers, avec toiles de tentes et drapeaux nationaux) pour manifester et célébrer comme chaque année depuis 1976 la « Journée de la Terre ».

Cette « Journée de la Terre » est aussi la « Marche du retour » que craignent les colons israéliens et leur président Netanyahou, cette date symbolique faisant suite à l'assassinat de 6 arabes israéliens (autrement dit : des palestiniens) refusant de se voir spoliés de leurs terres par l'Etat Hébreux : Cela fait aujourd'hui 42 ans.

Le bilan provisoire du 30 mars était déjà d'une quinzaine de jeunes non-armés (tous entre 30 et 35 ans) abattus « comme des lapins » par des tireurs d'élites israéliens ou snipers depuis les miradors frontaliers, plus un milliers de blessés parmi la foule... L'horreur. L'opinion internationale était alertée par Ziad.

Le journaliste Nasser Atta, s'empresse alors sur internet d'ajouter les assassinats d'un jeune homme désarmé dans le dos et d'une femme agitant un drapeau. Bilan alourdi plus tard de 60 morts, lundi 14 mai 2018.

Le camps israélien accuse le Hamas, groupe islamiste élu, actuellement majoritaire dans les Autorités Palestiniennes de Gaza : il manipulerait et serait seul responsable des violences. Si la quinzaine de jeunes assassinés le 30 mars étaient bien militants membres de branches armés islamistes comme les Brigades Izz-al-Din-al-Qassam appartenant au Hamas, ils n'en étaient pas moins chacun désarmés ce jour-là et mêlés au Peuple Palestinien pacifique mais légitimement en colère. On ne peut pas non plus oublier les plus de 1000 blessés graves palestiniens qui vivront handicapés jusqu'à leur mort : il ne s'agit pas là du Hamas.

Pendant presque 2 mois, les violences meurtrières se sont poursuivies chaque jour jusqu'à dépasser la centaine de morts (assassinés par les snipers israéliens, jusqu'au 14 mai) et la Journée Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Palestiniens du 17 avril est passée sous silence, ou du moins Israël n'a rien laissé filtrer par internet. En 2017, année des 50 ans des occupations militaires brutales, 1300 prisonniers politiques s'étaient mis en grève-de-la-faim illimitée, le 17 avril, 900 avaient dépassé les 40 jours : Israël avait rendu légale l'alimentation forcée de ses prisonniers, pratique condamnée par l'ONU.

Et Marwan Barghouti (qui n'est pas du Hamas) réaffirmait alors: « Rien, ni les souffrances, ni les peines, ni l'oppression, ni les sacrifices, ni les assassinats, rien ne peut nous faire oublier nos droits et nous soumettre ».

Il rappelait aussi cette position politique du Fatah exprimée depuis plus de 15 ans : « L'occupation ne peut continuer. Il n'y a qu'une solution pour mettre fin à l'Intifada. Deux Etats pour deux peuples, ou alors le sang continuera de couler ».

Des jeunes palestiniens comme Ziad Medoukh, ou comme Jannah Tamimi, cousine d'Ahed déjà mentionnée, et qui prend très au sérieux depuis Nabi Saleh son rôle de cyber-journaliste, ont su provoquer une vague de condamnations internationale, après le bain de sang de Gaza et ce funeste printemps palestinien.

En France il nous faut donc : -nous informer sur la Nakba, sur les guerres du Liban, sur 1967... ;


-amplifier notre solidarité internationale avec les prisonniers palestiniens ;

-renforcer la campagne de Boycott-Désinvestissement-Sanctions : BDS ;

-demander la reconnaissance de l'Etat Palestinien dans les frontières de 1967.

C'est dignement que Palestine vivra, Palestine vaincra !







jeudi 1 février 2018

Répression anticommuniste en Pologne: Henri Dudzinski, le consul de Pologne à Lille, aux abonnés absents !

Le Comité internationaliste pour la solidarité de classe, l’association Les Amis d’Edward Gierek, le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et la Fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français (PCF) souhaitaient rencontrer Henri Dudzinski, le consul honoraire de Pologne à Lille, afin de lui exposer leurs préoccupations concernant la situation du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / KPP). Celui-ci fait, outre-Oder, l’objet d’une répression impitoyable. Deux de ces militants sont, aujourd’hui, menacés de prison pour le simple fait d’avoir exprimé des opinions dans Brzask, la revue du parti, et sur leur sites internet. Leur procès se déroulera à Dabrowa Gornicza (Haute-Silésie), ce jeudi 1 er février 2018.
Le consul a opposé à ces quatre organisations une fin de non-recevoir sous prétexte de « n’avoir aucun pouvoir » et qu’elles allaient « perdre leur temps à aller le voir » ! Et le diplomate d’affirmer qu’il n’exerçait qu’une « fonction honorifique ». Quel « honneur » en effet que de servir le gouvernement « national-catholique » de Varsovie sur la pente de la fascisation… Ancien journaliste à La Voix du Nord, Henri Dudzinski, s’était, après de longs mois de silence, finalement exprimé dans les colonnes de ce quotidien 2 au sujet des débaptisations des rues et places évoquant la Pologne populaire ou plus largement l’idéal communiste. Il y affirmait refuser « la dictature, qu’elle soit brune, rouge ou noire ». Plutôt paradoxal quand, dans ces mêmes colonnes, le consul lançait un plaidoyer en faveur de cette Union européenne supranationale et néolibérale. Une véritable machine de guerre imaginée dès ses débuts au service de la classe capitaliste, destinée à broyer la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, à briser la protection sociale ou à détricoter le droit du travail…

Une insulte à la mémoire de la Résistance
En refusant de recevoir une délégation dans ses locaux de Lens 3 , Henri Dudzinski fait donc bien peu de cas de la répression qui affecte les communistes polonais. Ou un sens des Droits de l’homme à géométrie variable pour ce thuriféraire de l’inénarrable Lech Walesa qui a livré son pays aux appétits capitalistes ! Un refus d’autant plus malvenu qu’Henri Dudzinski, figure de la Polonia 4 du
Nord-Pas- de-Calais, travaille aujourd’hui à la célébration du centenaire de la convention franco-polonaise de septembre 1919. Un accord qui organisa l’émigration massive de citoyens polonais fuyant la misère de la Pologne nobiliaire pour les mines de charbon du Nord de la France. Parmi ces émigrés, les Burczykowski, Bronislaw Kania, Józef Kolorz, Antoni Kochanek, autant de résistants communistes qui tombèrent sous les balles des nazis en France ou des fascistes en Espagne. Des résistants luttant « pour votre et notre liberté », dont le KPP revendique justement la filiation. Ignorer une demande légitime d’organisations porteuses des revendications d’une frange de l’opinion publique 5 revient aussi à insulter la mémoire de cette aile gauche de la communauté franco-polonaise du Nord. A l’instar de Thomas Olszanski ou d’Edward Gierek, ses acteurs luttèrent pourtant
sur le front de classe pour l’amélioration de la condition ouvrière. Mais, sans doute, s’agit-il pour notre consul de ne pas heurter la sensibilité du gouvernement polonais susceptible de financer, en
2019, les cérémonies du centenaire ?
« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

1 Un rassemblement de solidarité avec le KPP s’est déroulé à Paris, ce samedi 27 janvier 2018. Le lien :
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe- capital/rassemblement-de- solidarite-
communistes-polonais/
2 La Voix du Nord (édition de Lens), 13 septembre 2017
3 Henri Dudzinski dirige l’Institut des civilisations et études polonaises (ICEP) dont les locaux se
trouvent à l’université de Lens.

4 Ce terme désigne l’ensemble des immigrés polonais et de leurs descendants.
5 A l’initiative de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une pétition (dite « Appel des 118 ») a été
adressé à Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne en France, et à Henri Dudzinski. Aucun n’a daigné
accuser réception de ce courrier. Le lien : https://www.initiative-communiste.fr/wp-
content/uploads/2017/12/Appel-des- 118-pologne.pdf

mardi 30 janvier 2018

Message du KPP lu devant l’ambassade de Pologne à Paris lors du rassemblement de soutien aux communistes polonais, le 27 janvier 2018

« Nous remercions toutes les organisations et les personnes présentes à cette manifestation, notamment ceux qui soutiennent depuis 1 an et demi notre lutte contre les répressions anti-communistes en Pologne. Depuis deux ans les membres du Parti Communiste Polonais KPP doivent faire face à ce procès ou on les accuse de « propager le communisme » dans leur journal « Brzask » et sur leur site internet. Ils sont accusés en effet d’avoir appelé à une révolution pour mettre fin à ce qui est le vrai totalitarisme, le capitalisme. Les autorités de la Pologne répriment de plus en plus les opinions communistes en les portraiturant en « idées totalitaires ». Il y a un an le tribunal avait arrêté les poursuites mais le procureur a fait appel et la procédure a été renouvelée. L’audience prochaine aura lieu le 1 février 2018.

Pour avoir écrit de simples articles, les membres du KPP peuvent être condamnés jusqu’à deux ans de prison !

Ce procès est un élement clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste qui ont lieu en Pologne. Cette accusation est un instrument visant à interdire, délégaliser le Parti Communiste Polonais et de criminaliser les idées communistes. Depuis la prise du pouvoir fin 2015 le parti Droit et Justice PiS intensifie les répressions et l’anti-communisme devient une composante primordiale de l’idéologie officielle de l’Etat. De l’espace public on détruit et élimine tous les monuments et signes de mémoires du temps du socialisme et de la lutte contre le fascisme.

Dans le cadre de la loi sur la décommunisation des noms de rues liées à l’histoire du mouvement ouvrier ont été débaptisées. Les autorités détruisent aussi les monuments erigés en mémoire des soldars de l’Armée Rouge qui sont morts en libérant la Pologne du nazisme. Des destructions sont opérées y compris dans les cimetières ce qui à juste titre susciste colère et incompréhension au niveau international. Ces détructions barbares s’accompagnent d’une propagande mensongère réécrivant l’Histoire et éliminant toutes les réalisations positives du socialisme. La campagne de mensonge envahit même les manuels scolaires.

L’acteur clé de cette campagne est l’Institut de mémoire nationale, de sinistre mémoire ! Cette institution, née en 1997 de la première loi de « lustration » est une institution non prévue dans la Constitution et pourtant disposant d’un gigantesque pouvoir. Elle est une agence d’Etat à mi chemin entre une institution d’archives (l’IPN s’est progressivement accaparé la totalité des Archives du 20ème siecle après avoir mis la main sur les archives de l’ancienne police des services secrets UB) et un tribunal. Ce tribunal statue sur la base des archives sur la vie des citoyens sans que ces citoyens puissent faire appel de sa décison ! Une juridiction d’exception qui peut briser les carrières, des vies, diffamer publiquement des gens et empécher des personnes d’excercer leur citoyenneté (en effet toute personne postulant à un poste public doit remplir une « fiche de lustration » qui est contrôlée par l’IPN) est complètement contraire à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aux droits de l’homme, aux valeurs de l’Union européenne (UE)... Mais l’UE, si prompte à accuser la Russie détourne les yeux depuis des décennies sur les violations des droits humains en Pologne !

L’Institut de mémoire nationale reçoit de plus en plus de subventions publiques afin de pouvoir empoisonner les esprits, notamment des jeunes. Chaque année les subventions sont plus grandes afin de lui permettre de manipuler la mémoire nationale, porter au pinacle comme prétendus « résistants soldats maudits », les fascistes polonais des Narodowe Sily Zbrojne (NSZ) ou banaliser l’Insurrection de Varsovie comme étant un jeu bon pour les enfants. Certains membres du comité de direction de l’IPN ont en effet des liens avec le mouvement néofasciste.

La Pologne de 2018 n’est pas un pays respectant la liberté d’expression ; ni la liberté de réunion, ni d’association. C’est pour cela que la solidarité des forces révolutionnaires internationales est si importante. Le KPP a besoin de votre soutien parce qu’il va continuer la lutte malgré tout.

Les pouvoirs peuvent interdire un parti ou une organisation mais on ne peut interdire une idée.

Le KPP a besoin de ce qui a toujours fait la force du mouvement communiste révolutionnaire : La Solidarité Internationale !

A bas la répression anticommuniste en ¨Pologne !

Vive la solidarité internationale communiste !

lundi 29 janvier 2018

Succès du rassemblement du 27 janvier

« KPP, solidarité ! » « Kaczynski fasciste, vive le Parti communiste ! » « Elle est pourrie l’Union européenne qui bénit les fascistes et traque les communistes ! » Les slogans fusent. Il est 14h 30 ce samedi 27 janvier 2018 lorsque des dizaines de personnes manifestent devant l’ambassade de Pologne à Paris leur solidarité avec le Parti communiste polonais (KPP) dont deux militants sont poursuivis par la « Justice » polonaise.



Ils risquent deux ans de prison pour avoir écrit des articles... Pour avoir exprimé une opinion, dans Brzask, la revue du KPP, et sur le site internet d’une organisation pourtant légale ! Quel bel exemple de « démocratie » et de « respect du pluralisme » que cette Pologne de la restauration capitaliste ! A l’ombre des drapeaux rouges marqués du marteau et de la faucille ou aux couleurs du pays de Mickiewicz, les intervenants se succèdent*.



La situation économique dans cette Pologne capitaliste devenue un « réservoir de main-d’œuvre taillable et corvéable à merci ». La répression anticommuniste qui affecte non seulement la Pologne, mais aussi la Hongrie, les pays baltes ou encore l’Ukraine. La montée de l’autoritarisme en France même, à travers la criminalisation soutenue du mouvement social (4 300 militants poursuivis dans le cadre de la lutte contre la loi Travail). La fascisation qui « accompagne la marche de l’Europe supranationale et néolibérale » et la nécessaire solidarité internationaliste de classe qui unit les communistes par-delà les frontières. Le ton est à la contre-offensive.



Un premier pas vers la délégalisation du KPP

Une représentante du KPP est alors invitée à prendre la parole. Une ovation lui est réservée. « En Pologne, on se sent parfois bien seuls, envahis par l’anticommunisme et aux prises avec la démonisation de notre passé et de la Pologne populaire », commente-t-elle. Elle se dit « ravie de vous voir ici. C’est un grand espoir pour nous ».


Et de rappeler que « ce procès est un élément clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste en Pologne. Cette accusation est le premier instrument afin d’interdire, de délégaliser le Parti communiste polonais et de criminaliser l’idée communiste ». A ses côtés ont pris position une figure de la résistance communiste en Indonésie, un membre du conseil national du PCF et aussi des « camarades italiens »... Le rassemblement se termine aux sons de La Varsovienne et de L’Internationale interprétée en polonais !



Manifestations en Europe

De Varsovie, prévenus du succès de cette mobilisation, les dirigeants du KPP se félicitent ! Des manifestations similaires ont eu lieu à Berlin, Londres, Moscou, Leningrad, Madrid et Barcelone... Une ombre au tableau cependant : Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne à Paris, a refusé de recevoir une délégation sous prétexte d’un « agenda chargé ». « La valeur d’un homme ne se
mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément...

« L'Institut polonais de la mémoire (IPN) ment. »
Outil du gouvernement du gouvernement au service et de l’anticommunisme,
l’IPN prétend revisiter l’histoire de la Pologne

Ont successivement pris la parole lors de ce rassemblement : Les Amis d’Edward Gierek, le Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), la Coordination communiste 59/62, le Front syndical de classe (FSC), Jeunes pour la renaissance communiste en France (JRCF), Parti communiste de la Fédération de Russie, Parti communiste révolutionnaire de France (PCRF), Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), Parti communiste polonais (KPP).


jeudi 18 janvier 2018

La solidarité internationaliste comme réponse à la criminalisation du communisme

« Chasse aux sorcières » en Pologne

                        Par JACQUES KMIECIAK

Le 1er février 2018, s'ouvrira en Haute-Silésie le procès de militants du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / KPP). En signe de protestation et en guise de solidarité, ce samedi 27 janvier 2018 (1), à l’initiative du Comité internationaliste pour la solidarité de classe (CISC), du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une dizaine d’organisations appelle à un rassemblement devant l’ambassade de Pologne à Paris. Historien et géopoliticien spécialiste de l’Europe centrale et de l’est, Bruno Drweski évoque les enjeux d’un procès appréhendé par les autorités polonaises comme un premier pas vers une délégalisation d’une organisation fondée en 2002.

Combien de militants du KPP ont été mis en accusation ? Que la « Justice » polonaise leur reproche-t-elle ?

Il y avait au départ trois militants concernés, mais les accusateurs avaient négligé de bien s'informer puisque l'un des trois accusés était décédé au moment de la rédaction de l'acte d'accusation ; ce qui prouve leur amateurisme. Il n'y a donc plus que deux accusés en ce moment. On leur reproche d'avoir appelé à renverser le système constitutionnel polonais ; ce qui n'a d'ailleurs pas été précisé dans l'acte d'accusation puisqu'on mentionne en bloc l'ensemble de la revue du KPP intitulée Brzask, sans pointer aucun élément précis… Et pour cause ! Aucun de ces éléments n'est en fait condamnable au regard de la loi, le KPP respectant scrupuleusement le fonctionnement légal ; ce qui explique d'ailleurs qu'il ait été légalement enregistré comme parti politique malgré le fait que la Constitution polonaise « interdise les partis utilisant des méthodes fascistes et communistes ». Des « méthodes » que le législateur n'a d'ailleurs jamais été en état de définir.

Quel est le poids du KPP en Pologne ? De quel courant de pensées se réclame-t-il ?

Le KPP est un petit parti qui se réfère à l'ensemble du patrimoine de la gauche radicale et marxiste polonaise à partir du Parti social-révolutionnaire Proletaryat des années 1880, de la Social-démocratie du Royaume de Pologne et de Lituanie fondée par Rosa Luxemburg et Feliks Dzierżyński au Parti ouvrier unifié polonais (POUP) des années 1942-1990 en passant par le Parti communiste polonais des années 1918-1938.

Revendique-t-il l'héritage de la Pologne populaire (1944 – 1989) ?

Il n'a pas de position unique sur la période de la Pologne populaire qu'il considère comme une période de grandes avancées sociales et économiques parcourues par des phénomènes négatifs que les membres du KPP ont le droit d'interroger dans une vision pluraliste.

Où est-il principalement implanté ?
    
Le KPP a des sections dans plusieurs régions du pays mais son centre d’influence se trouve dans la région de Dąbrowa Górnicza - Sosnowiec de la voïévodie de Silésie appelée depuis la fin du XIXe siècle le « bassin rouge » en raisin du fort radicalisme de ses ouvriers et mineurs. Le KPP appartient à la mouvance des partis de gauche radicaux et marxisants. Des organisations qui existent en Pologne et qui peuvent diverger sur les méthodes et l'analyse du passé, mais qui se retrouvent dans la critique commune de la restauration du capitalisme, de l'anticommunisme et de l'adhésion de la Pologne à l'OTAN.

D'aucuns prétendent que ce procès est un premier pas vers une tentative de délégalisation du KPP. Qu'en pensez-vous ?

C'est explicitement ainsi que le considèrent plusieurs dirigeants de l'actuel gouvernement polonais pour qui le fait que ce parti soit légal est inacceptable alors même qu'ils tolèrent les violences commises par des groupuscules d'extrême droite visant les étrangers, les militants de gauche, les féministes, les minorités nationales.

Cette organisation constituerait-elle ainsi une menace pour le régime ?

Le KPP ne constitue pas en soi pour le moment une réelle menace pour le régime imposé au peuple polonais en 1989. En revanche le communisme constitue clairement une menace qui explique la constance des campagnes médiatiques visant à la fois le communisme, le passé soviétique, la Pologne populaire, la gauche sociale, le syndicalisme indépendant, les mouvements d'émancipation, les courants libres-penseurs, etc. Toutes les enquêtes sociales montrent, sans aucune exception depuis 1989 jusqu'à aujourd'hui, qu'une majorité (relative sur certaines questions, absolue sur d'autres) de Polonais considèrent que la période de la Pologne populaire a été globalement positive pour le pays et pour leur propre promotion sociale et culturelle. Tout au long des gouvernements libéraux jusqu'en 2015, à plusieurs reprises, des militants syndicaux ou politiques ont ainsi été arrêtés et fait quelques jours de prison puis relâchés.

Comment la situation a-t-elle évolué depuis le retour au pouvoir de Droit et Justice (Prawo i Sprawiedliwość / PiS) à l’automne 2015 ?

Avec l'arrivée au gouvernement de ce parti d'essence « national-catholique », les choses se sont durcies. Si l'opposition libéral (et avec elle l'Union européenne) considère que l'indépendance formelle du système judiciaire polonais qu'elle n'avait d’ailleurs pas hésité à manipuler quand elle était elle-même au pouvoir, est aujourd'hui menacé, il n'y a en revanche aucune mesure de répressions contre des représentants de cette mouvance libérale. En revanche, depuis plus d'un an, Mateusz Piskorski, un journaliste et politologue polonais activement engagé contre l'appartenance de la Pologne à l'OTAN et contre l'appui à la junte ukrainienne par Varsovie, a été arrêté sans que jusqu'à présent on ne lui présente un acte d'accusation en bonne et due forme ! On l'accuse d' « espionnage » en faveur de la Russie et de la Chine, alors que ses activités journalistiques étaient publiques et connues ; ce qui est bien sûr tout le contraire de l'espionnage. Au même moment, on a commencé à assister à la dénonciation du KPP puis à la mise en accusation de ses dirigeants.

Quels objectifs poursuit le pouvoir ?

Il est clair que ces mesures visent à intimider tous les opposants radicaux aux choix stratégiques, politiques et économiques faits depuis 1988/89. Et aussi à isoler les opposants les plus résolus à essayer de lutter dans le cadre de plus en plus étroit des libertés publiques tolérées. Pour le pouvoir la répression simultanée d'un acteur médiatique et d'un parti se référant au communisme vise à tester la capacité d'unité et de mobilisation des secteurs anticapitalistes et anti-OTAN de la société polonaise. On voit se rejouer en Pologne, en plus « soft » et en plus « smart » selon la formule nord-américaine, la partie si bien décrite par le pasteur Martin Niemöller (2). Ce dernier avait compris que le ciblage par les nazis d'un groupe au départ restreint (syndicalistes, communistes, juifs puis sociaux-démocrates) constituait un moyen de prendre en finale le contrôle total de la société.

Ces pratiques ont été étendues à d’autres pays européens ?

En effet, depuis 1988/89, les anciens pays socialistes ou les pays de la périphérie de l’Union européenne comme la Grèce constituent le plus souvent des terrains d'expérimentation pour des pratiques antisociales et antidémocratiques. Des pratiques qui peuvent être ensuite reprises dans les pays du « noyau » occidental de l’Union européenne. Il faut donc pour les élites possédantes partout noircir la mémoire du combat antifasciste, la mémoire de l'Armée rouge, le rôle historique des partis communistes et du camp de la Paix ainsi que de tous les autres mouvements émancipateurs pour pouvoir ensuite s'attaquer aux mobilisations syndicales, politiques, anti-impérialistes, antiguerres, en commençant par faire subir un chantage à l'anticommunisme. La gauche sociale doit comprendre, par-dessus ses différences d'analyses, qu'elle ne peut accepter de se placer au sein du chantage élaboré par les pouvoirs entre extrême droite brûlante et libéralisme glacial. Elle doit reprendre le chemin de l'indépendance et de l'audace. Le chemin de la mobilisation populaire et unitaire ; ce qui implique antiracisme et dénonciation de l'anticommunisme et des aventures impérialistes. Et donc soutien à tous ceux qui s'y opposent.

                            Propos recueillis par JACQUES KMIECIAK

    (1) A 14h 30, devant l’ambassade de Pologne, 1, rue de Talleyrand, à Paris (7e).

    (2) C’est à Martin Niemöller (1892 – 1984) que l’on doit la fameuse citation : « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste. Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste. Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »