mardi 8 octobre 2019

UN GRAND ENJEU POPULAIRE : DEFENDRE LA LANGUE FRANCAISE CONTRE LE TOUT-GLOBISH* !

Appel-pétition du 7 octobre 2019 – Signatures à retourner à Djament.aurelien@orange.fr


« A chaque fois qu’affleure, d’une manière ou d’une autre, la question de la langue, cela signifie qu’une série d’autres problèmes est en train de s’imposer : la formation et l’élargissement de la classe dirigeante, la nécessité d’établir des rapports plus intimes entre groupes dirigeants et la masse nationale-populaire, c’est-à-dire de réorganiser l’hégémonie culturelle ». Antonio Gramsci, Cahiers de prison

« Il ne restait de ce pays que son langage. Un beau langage qui servait à tout. Vous savez, comme on a chez soi une chose précieuse qui est là depuis si longtemps qu’on en use à n’importe quoi, à empêcher la fenêtre de se fermer, et le petit la prend comme une règle pour dessiner, et c’est un presse-papier si commode ! Qui donc se souciait que ce fût un pays, ce pays, et il est indiscutable que c’est un grand progrès que de perdre ce sens de la jalousie, cette haine du voisin, cet orgueil de son toit, un grand progrès sur les ténèbres, un grand progrès sur le néant ». Louis Aragon, poète et Résistant

Accompagnant la casse néolibérale et euro-atlantique du cadre national, des services publics et des conquis sociaux, une politique destructive de substitution systématique du « globish » à la langue française (pourtant « langue de la République » au titre de la Constitution…) affecte tous les aspects de la vie sociale en France. Entre mille exemples : Carrefour-Market lance une campagne intitulée Act for food ! ; Renault, Airbus et PSA basculent toute leur documentation technique à l’anglais ; des centaines de grandes entreprises, voire de « start-up », obligent illégalement leurs salariés francophones à ne plus travailler qu’en anglais, pendant que la Poste lance « Ma French Bank », que la SNCF en voie de privatisation promeut ses Ouigo (lire we go), qu’EDF invite ses « clients » à « pulser », et que, plus grave encore, la contre-réforme Blanquer du lycée s’ajoute à la loi Fioraso et aux pratiques délétères de la direction de la Recherche pour faire de l’anglais, de la maternelle au Supérieur en passant par le CNRS, non pas une langue enseignée en France, mais une langue d’enseignement concurrençant et évinçant systématiquement le français (et se substituant de fait de toute autre langue étrangère !). Il est clair qu’à terme, si ces pratiques continuent de se généraliser en France et en Europe (au détriment de l’allemand, de l’espagnol, de l’italien, du portugais, du russe, de l’arabe, du turc, du chinois, etc.), il n’y aura bientôt plus qu’une langue de prestige, celle de l’Oncle Sam et de Wall Street, ce qui portera un coup gravissime à la diversité culturelle qui fut toujours un aliment vital des échanges et de la culture. Le mauvais exemple est donné par Macron, qui ne perd jamais une occasion de jargonner en Globish devant les grands patrons et de promouvoir l’anglais comme langue internationale unique, non seulement à l’étranger mais en France même…

Même si les intéressés n’en ont pour la plupart pas conscience parce qu’elle suit la mode, par mimétisme ou par modernisme branché », cette invasion de la langue française par des mots ou des expressions d’origine anglo-saxonne a contaminé jusqu’aux milieux populaires, voire militants : le tract n’est-il pas trop souvent devenu un flyer ? Il y a peu, des chercheurs en lutte défilaient derrière une banderole portant l’inscription Academic Pride… Il faut  dénoncer ces pratiques faussement anodines car elles sont le symptôme de l’allégeance sournoise à l’impérialisme occidental qui génère guerres et inégalités entre les hommes et entre les peuples. Du reste, des phénomènes identiques d’acculturation au détriment des langues nationales se déroulent en Europe orientale ou en Afrique, partout où l’impérialisme occidental est prégnant, économiquement et politiquement. Et nous sommes solidaires de tous ceux qui, en Roumanie, au Sénégal, etc. luttent pour la défense de leur  langue et de leur culturel.

En France, derrière cette manœuvre antipopulaire de grande envergure et totalement soustraite au débat démocratique, on trouve le MEDEF : son ex-président, le baron Sellières, clamait ainsi en 2004 que l’anglais doit désormais « devenir la langue (sous-entendu : unique) de l’entreprise et des affaires » ; pratiquant de fait une « préférence nationale » inavouée, le CAC-40 n’embauche déjà plus guère que des « English Mother Tongue » (anglais langue maternelle) comme cadres supérieurs, pendant que l’OTAN a fait de l’anglais, y compris en France, la langue de travail unique des armées. Quant à l’UE, elle ne craint pas, en plein Brexit et alors que l’anglais n’est plus la « langue officielle déposée » d’aucun Etat-membre, de promouvoir l’idée qu’il faut faire de l’anglais la langue officielle unique des institutions bruxelloises au détriment des autres langues nationales d’Europe.

 L’enjeu de cette politique de casse et de classe est énorme : il s’agit de renforcer le « marché unique » cher aux monopoles, de préparer la future « Union transatlantique » sous la houlette de Washington et de faciliter la mise en place des traités néolibéraux transcontinentaux (du type CETA, UE/Mercosur ou TAFTA). En instituant la langue unique, les maîtres du grand capital rêvent de mettre en place un hypermarché continental et mondial de la force de travail qui, tout en humiliant les peuples non anglophones, en affaiblissant décisivement les nations existantes, en dévaluant les travailleurs actuels et futurs qui ne maîtriseraient « que » leur langue nationale (ou une langue étrangère autre que l’anglais), accentuerait brutalement la concurrence acharnée et le moins-disant social et salarial entre les prolétaires d’aujourd’hui et de demain : énormes avantages pour le grand patronat sur tous les terrains, social, politique, culturel...

 C’est pourquoi, considérant que la résistance ne se divise pas et qu’elle comporte nécessairement une dimension culturelle et linguistique (comme le comprirent Lénine, Gramsci, Nicolas Guillen, Aragon…), nos organisations communistes appellent, non pas à proscrire l’anglais (qui, comme tel, n’est pas plus responsable que « le français », des prédations de type néocolonial que les impérialismes rivaux ont commises ou commettent encore en leurs noms), mais à combattre vigoureusement la POLITIQUE DU TOUT-anglais : c’est-à-dire la politique oligarchique et antidémocratique tentant à imposer une langue unique continentale, voire mondiale. Nous communistes appelons donc à :

·  exiger des autorités, du patronat, des services publics et des collectivités publiques le respect et le renforcement de la législation visant à protéger le français ; 
 
· promouvoir un véritable apprentissage des langues étrangères dans leur pluralité dans le cadre de l’Education nationale (avec des maîtres qualifiés), y compris des principales langues de l’immigration de travail (ainsi que des langues régionales là où une demande significative existe) ;

·   reprendre et élargir le grand combat du PCF de Barbusse, d’Aragon, d’Eluard ou de Jean Ferrat pour la langue, pour la chanson francophone et pour des « lettres françaises » et francophones dans toute leur diversité (Wallonie, Suisse Romande, Afrique francophone, Québec…) ; non dans un esprit de « purisme » ou de fermeture aux autres cultures, mais pour favoriser un dialogue et une coopération égalitaires entre toutes les nations, toutes les langues et toutes les cultures nationales d’Europe et du monde.
*c’est-à-dire l’anglo-américain managérial…

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Appel publié à l’initiative des organisations ou réseaux suivants (par ordre alphabétique) : Association Nationale des Communistes (A.N.C.), Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (CISC), Faire vivre et renforcer le PCF (FVR-PCF), Jeunes pour la Renaissance Communiste en France (JRCF), Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), Rassemblement communiste (RC), et d’autres militants communistes engagés dans la résistance linguistique.

PREMIERS SIGNATAIRES (o.a.): Francis Arzalier, historien, professeur IUFM retraité, bureau de l’A.N.C., Collectif Polex 95 ; Paul Barbazange, PCF 34, Faire vivre et développer le PCF (FVR-PCF) ; Danielle Bleitrach, (PCF 13, FVR-PCF) ; Saïd Bouamama, Rassemblement Communiste (RC) ; Pascal Brula (PCF 69, FVR-PCF) ; Marie-Christine Burricand  De Staërck, conducteur de bus (50), responsable national des Jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF) ; Christian Champiré, maire PCF de Genay (62) ; Jean-François Dejours, professeur de philosophie, militant communiste (62), syndicaliste ; Aurélien Djament, mathématicien au CNRS, syndicaliste CGT, militant communiste, resp. d’association linguistique (59) ; Marianne Dunlop (PCF 62, FVR-PCF) ; Madeleine Dupont, ancien PEGC français/anglais, trésorière nationale du Comité Internationaliste pour la Solidarité internationaliste (CISC), 62 ; Vincent Flament, rédacteur en chef de Solidarité de classe, bulletin du CISC, professeur de français (59) ; Roland Fodé Diagne (RC) ; Rachida El Fekaïr, médiathécaire, membre du secrétariat national du PRCF (81) ; Mireille Gabrelle (RC) ; Georges Gastaud, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), philosophe, fondateur d’une association internationaliste de résistance au tout-anglais (62) ; Dominique Haquette (RC) ; Jean-Pierre Hemmen, président du CISC (80) ; Charles Hoareau, syndicaliste International, président de l’A.N.C., 13 ; Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF, professeur agrégé d’histoire (78) ; Razika Kerchouni, syndicaliste, bureau ANC, 93 ; Annie Lacroix-Riz, historienne, membre du Comité central du PRCF (78) ; Léon Landini, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté des FTP-MOI, président du PRCF, Médaille de la Résistance, président d’honneur d’une association de lutte contre le tout-anglais (92) ; Claude Langlet (RC) ; Armand Lecoq (PCF 31, FVR-PCF) ; Pierre Lenormand, géographe, universitaire retraité, C.A. de l'ANC, 41 ; Annette Mateu-Casado, coordinatrice de la direction du PRCF, militante de la culture catalane (66) ; Robert Malcles, historien, professeur retraité, C.A. de l'ANC, 30; Anne Manauthon (PCF 06, FVR-PCF) ; Pierre-Alain Millet, PCF 69, FVR-PCF ; Aymeric Monville, secrétaire de la commission internationale du PRCF, éditeur (92) ; Leila Moussavian-Huppe, PCF 67, FVR-PCF; Moussa Naït (RC) ; Laurent Nardi, élu communiste de Passy (74), militant contre le tout-anglais ; Jean-Michel Padot, élu franchement communiste de Bully-les-Mines, militant contre le tout-anglais (62) ; Damien Parrot, dessinateur industriel, responsable JRCF (33) ; Hervé Poly (PCF 62, direction nationale, FVR-PCF) ; Pierre Pranchère, président de la commission internationale du PRCF, anc. député, anc. Franc-Tireur et Partisan français (19) ; Jean Penichon, journaliste, bureau de l'ANC, 75 ; Anna Persichini, trésorière nationale du PRCF, syndicaliste Métallurgie, 06 ; Gilbert Rémond, PCF 69, FVR-PCF ; William Roger (RC) ; Jany Sanfelieu, professeur de français retraitée, secrétaire à l’organisation du PRCF (89) ; Matthieu Seeburger (RC) ; Guillaume Suing (RC) ; Stéphane Toque, Paris, syndicaliste Énergie, bureau ANC ; Bernard Trannoy (PCF 33, FVR-PCF) ; Yves Vargas, philosophe, communiste sans parti (93) ; Mireille Villemin, bureau de l'ANC, 30 ;
 

lundi 2 septembre 2019

Riposter ensemble à l’offensive anticommuniste généralisée de l’automne 2019 – Déclaration  du Comité Internationaliste pour la Solidarité de Classe (C.I.S.C.)

Anniversaire dévoyé de la Libération de Paris, commémorations grossièrement partiales du Traité de non-agression germano-soviétique, de l’ouverture du Mur de Berlin, de la proclamation de la République populaire chinoise ou de la Révolution cubaine de 1959 : faisant flèche de tout bois, tronquant les faits et pratiquant sans vergogne les amalgames les plus indécents, les stratèges de la contre-révolution idéologique permanente ont soigneusement organisé leur ballet médiatique fait d’anticommunisme recuit, d’antisoviétisme de confort, de russophobie haineuse et de sinophobie sans limites. Ils sont d’autant plus sûrs d’eux que les voix discordantes sont « démocratiquement » exclues des grands médias d’Etat et de la grande presse privée monopolisée par les maîtres du grand capital. Les objectifs de cette campagne politique travestie en « devoir de mémoire » sont clairs :

 1°) S’agissant de la Résistance communiste armée française, il s’agit soit de la minimiser, soit de la criminaliser carrément, en gommant le fait majeur que les communistes français ont commencé à résister au fascisme bien avant la déclaration de guerre de 1939 (lancement du Front populaire antifasciste, organisation des Brigades internationales d’Espagne à l’initiative de l’Internationale communiste et refus de la « non-intervention » décrétée par Léon Blum, dénonciation du Pacte de Munich, appel clandestin à résister lancé par Charles Tillon à partir du territoire national dès le 17 juin 1940 au nom du PCF, Appel Thorez-Duclos du 10 juillet 1940 comportant la phrase historique « Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves »…) et que, de très loin, les organisations de FTPF et de FTP-MOI créées à l’initiative du PCF clandestin furent le fer de lance de la Résistance armée intérieure couronnée par l’insurrection parisienne d’août 1944, sans parler des maquis du Limousin et de la grande grève patriotique des mineurs du Nord lancée par le PCF et par la CGT en Mai et Juin 1941 : d’ailleurs, sans minimiser en rien l’apport des autres forces résistantes de l’intérieur et de l’extérieur, ce sont de très loin les communistes et les cégétistes qui ont subi les fusillades de masse de Châteaubriant, de la Citadelle d’Arras et du Mont Valérien, pour ne parler que d’elles ; le but des conjurés de l’anticommunisme contemporain est sans doute, profitant du grand âge des combattants de la Résistance, de priver les communistes français de leur légitimité patriotique : il s’agit pour cela de cacher l’apport décisif des communistes à l’élaboration du programme du CNR, lequel s’est traduit par les avancées sociales et démocratiques dont les ministres communistes de 1945/47 furent les principaux artisans : première forme du SMIG, statut des mineurs, statut des fonctionnaires, nationalisation du sous-sol (Maurice Thorez), nationalisation d’EDF, de Renault et de la SNECMA (Marcel Paul, Charles Tillon, François Billoux), Sécurité sociale, retraites par répartition, Code du travail, comités d’entreprise, généralisation des conventions collectives (Ambroise Croizat), relance démocratique de l’Education nationale et de la Recherche publique (Henri Wallon, Frédéric Joliot-Curie…), tous ces acquis de civilisation que rendit possible le projet du CNR de « mettre le monde du travail au centre de la vie nationale » sont aujourd’hui méthodiquement détruits, au nom de la « construction » européenne, par les gouvernements maastrichtiens successifs dont on comprend aisément pourquoi ils soutiennent en sous-main les campagnes anticommunistes : noircir et salir le passé est indispensable pour impulser les régressions présentes et futures…
Ukraine

2°) S’agissant du Traité de non-agression soviéto-allemand de 1939, il s’agit de le présenter mensongèrement comme une « alliance des totalitarismes contre les démocraties » ; pourtant, l’URSS n’avait cessé, au cours des années 1930, de proposer une alliance militaire antihitlérienne aux démocraties bourgeoises occidentales ; or celles-ci ont préféré, par antisoviétisme et par sympathie de classe inavouable à l’égard des régimes fascistes violemment anti-ouvriers, antisoviétiques et anticommunistes, cautionner Mussolini, favoriser la rébellion franquiste et laisser Hitler se livrer à toutes ses prédations, du réarmement officielau pacte de Munich en passant par l’Anschluss de l’Autriche. Objectivement, si elle ne voulait pas se retrouver isolée face à l’ensemble du monde capitaliste – non seulement les nazis mais les « démocraties » occidentales en voie de fascisation et faisant même le choix de la « drôle de guerre », puis de la défaite en 1939/40 – , si elle voulait en outre éviter d’être prise en tenaille entre les fascistes occidentaux et la dictature militaro-fasciste du Japon (« Pacte anti-Komintern »), l’URSS n’avait pas d’autre possibilité que de diviser le front antisoviétique menaçant des puissances impérialistes occidentales, que de gagner du temps pour s’armer, que de tenter d’éloigner le plus possible la Wehrmacht menaçante de ses frontières occidentales. Il est ainsi proprement scandaleux (et confondant d’ingratitude historique !) de tenter d’amalgamer sous le nom de « totalitarismes » le Troisième Reich exterminateur et le pays qui, au prix d’énormes sacrifices, a brisé la Wehrmacht de Stalingrad à Berlin et qui a longtemps supporté l’essentiel du poids de la guerre antifasciste, qui lui a coûté près de 30 millions de morts. Pendant ce temps, la grande bourgeoisie française dont certains héritiers continuent de diriger l’appareil d’Etat et le CAC-40, collaborait au démantèlement de la France, tandis que la SFIO avait, auprès de la droite et des radicaux, participé à la persécution anticommuniste en France (décret Sérol d’avril 1940 punissant de mort la propagande communiste !) tandis que les Etats-Unis d’Amérique n’ouvraient le « second front » contre Hitler qu’au moment où déjà, le gros des forces allemandes disposé à l’Est s’effondrait, de Leningrad à Koursk jusqu’à Berlin (investie par les seuls Soviétiques), devant la poussée irrésistible de l’Armée rouge ouvrière et paysanne. Il est lamentable, honteux pour l’intelligentsia française actuelle et pour les milieux dirigeants de l’Education nationale que désormais, la majorité des jeunes Français puisse croire de bonne foi que Hitler et Staline étaient amis durant la guerre ( !), que ce sont principalement les Anglo-Saxons qui ont gagné la guerre, que la Résistance française n’a combattu que pour l’honneur (alors qu’elle a porté des coups très durs à l’occupant et qu’elle a pour l’essentiel libéré Paris par ses propres forces) alors que le général De Gaulle déclarait franchement en 1946 : « les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération ». Comment qualifier autrement que de négationniste cette entreprise permanente de falsification de l’histoire qui minimise, nie, voire diabolise les exploits de l’URSS sans lesquels le nazi-fascisme allié aux militaristes japonais et soutenu par le prétendu « Etat français » de Pétain se serait sans doute emparé du monde et sans laquelle nous ne pourrions pas discuter librement aujourd’hui !
Ecrasement du parlement russe 1993

3°) S’agissant de la « chute du Mur de Berlin », sa commémoration va sûrement donner lieu à une sarabande anticommuniste et contre-révolutionnaire sans précédent avec, à la clé, la tentative concrètement… totalitaire et fasciste (bien qu’officiellement motivée par l’ « antitotalitarisme » !) – de multiplier les interdictions de partis communistes (c’est déjà le cas en Ukraine et c’est la direction prise en Pologne, en Hongrie, dans les Etats baltes…) et d’empiler les lois mémorielles anticommunistes proprement liberticides et négationnistes. Des « lois » que cautionne déjà pour partie l’UE dominée par Berlin, arrimée à l’OTAN et en proie à de lourds préparatifs guerriers antirusses qui ne sont pas sans évoquer une tentative de revanche historique sur Stalingrad ; eh bien, les militants de la solidarité de classe internationaliste, antifasciste et anti-impérialiste doivent avoir le courage de déclarer que, ni l’annexion pseudo-démocratique de la RDA, ni l’implosion contre-révolutionnaire du camp socialiste et de l’URSS n’auront apporté de « grands bouleversements démocratiques » en Europe et dans le monde. En réalité, ces évènements réactionnaires n’avaient d’autre but que d’effacer autant que possible l’immense victoire prolétarienne d’Octobre 1917 et la grande victoire des peuples sur l’impérialisme allemand (URSS et mouvement communiste international en tête), cette victoire qui avait rendu son indépendance à notre pays, permis de criminaliser à juste titre le fascisme et l’extrême droite, ouvert la voie à de grandes avancées sociales en France et en Occident, favorisé la décolonisation des peuples d’Asie et d’Afrique, impulsé l’émergence planétaire du mouvement pour l’égalité hommes/femmes et offert au camp mondial du travail et du progrès le rempart du socialisme existant face aux prédations incessantes de l’impérialisme et de ses vassaux ; amputé de l’URSS, de la RDA, du camp socialiste et d’un fort Mouvement communiste international fidèle aux conceptions marxistes-léninistes, privé en Occident (hormis au Portugal et en Grèce) de puissants partis communistes et révolutionnaires, le monde actuel est livré à une re-mondialisation contre-révolutionnaire du capitalisme-impérialisme qui, à bien des égards (course ruineuse aux armements, agressivité tous azimuts de l’impérialisme US, dégradations lourdes de l’environnement ravagé par la course au profit maximal, fascisation de moins en moins rampante des démocraties bourgeoises de plus en plus policières et répressives), confère au monde contemporain des traits carrément exterministes en ce sens que le maintien du pourrissant système capitaliste-impérialiste à l’échelle planétaire sape les bases sociales et environnementales de l’existence humaine dans son ensemble. Du reste, l’opinion populaire dans la plupart des pays de l’Est et en Russie prend désormais majoritairement acte du fait que, malgré les lacunes, erreurs et distorsions diverses qui, selon les temps et les pays, ont affecté la première expérience socialiste de l’histoire dans des conditions géopolitiques où le capitalisme restait dominant, la destruction contre-révolutionnaire du camp socialiste constitue une catastrophe historique globale pour le camp du Travail et de l’émancipation humaine. Plus que jamais, le sens de notre époque reste donc marqué par la confrontation entre le capital et le travail, entre les peuples et l’impérialisme, entre les tendances mortifères du capitalisme-impérialisme et l’aspiration proprement vitale des peuples à construire un socialisme-communisme de nouvelle génération tirant enseignement, sans reniement ni palinodie, des succès et des limites de la première expérience socialiste de l’histoire humaine.
Guerre de Tchétchénie, années 90

4°) S’agissant de la République populaire chinoise, il ne s’agit ni de nier les contradictions que comporte le « socialisme de marché » dont se réclame le PC chinois, ni de hurler avec les loups de l’impérialisme euro-atlantique qui présentent la Chine comme l’ « ennemi stratégique principal » sans crainte de réactualiser le mythe raciste du « péril jaune ». Qui peut sérieusement nier que la révolution chinoise de 1949 ait libéré la Chine du colonialisme occidental et japonais, qu’elle ait permis la réunification du territoire national, qu’elle ait mis fin aux famines récurrentes qui frappaient les classes populaires ? Et qui peut nier que l’actuelle République populaire chinoise soit en passe de transformer ce qui fut un pays arriéré, affamé et méprisé, en un grand Etat moderne à la pointe de la science et de la technique, et où la grande pauvreté pourrait être éradiquée dans les quelques années qui viennent ? Alors que nos grands pays occidentaux riches à milliards, France macroniste en tête, plongent dans la régression sociale, dans la désindustrialisation galopante et dans une abrutissante vassalisation culturelle et linguistique… 

5°) Il faut aussi riposter aux campagnes anticommunistes et antisocialistes qui caricaturent en permanence Cuba socialiste, dont le « crime » principal est de résister au blocus de l’Empire nord-américain depuis 1959 et de faire de la santé publique, de la Recherche, du soin pour l’environnement et du développement éducatif, les principaux moteurs du développement économique (alors que la santé, la science et l’éducation sont traitées comme des fardeaux à « dégraisser » dans les grands Etats en proie au néolibéralisme !). Solidarité indéfectible aussi avec le Venezuela bolivarien et avec les autres pays de l’ALBA que l’impérialisme s’emploie à subvertir, non parce qu’ils connaissent d’indéniables difficultés économiques (largement liées aux manœuvres impérialistes et au torpillage organisé par la réaction « interne »), mais tout au contraire parce qu’ils opposent au monde néolibéral de Maastricht, de l’ALENA, du Mercosur, du CETA, de la « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (Traité de Maastricht), du tout-anglais aliénant et du tout-profit, une esquisse de modèle alternatif reposant sur le principe d’une coopération égalitaire entre pays souverains. 


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 6°) En France même, l’obsession anticommuniste et antisoviétique que répandent les médias et nombre de manuels scolaires « d’histoire » alimente le dénigrement de la Révolution française, de l’héritage jacobin, de la République une, laïque et indivisible, de l’héritage des Lumières, des idéaux progressistes et rationalistes et des conquêtes sociales issues de l’action du PCF et de la CGT : tant il est vrai que la contre-révolution anticommuniste ne s’arrête nullement aux bornes spatiales et temporelles du 20ème siècle ni à celles de l’ex-camp socialiste ; si bien que la destruction de l’Europe socialiste a permis un assaut réactionnaire généralisé contre tous les acquis progressistes des révolutions antérieures, y compris contre ceux des révolutions bourgeoises-démocratiques des 18 et 19èmes siècles (et aussi contre les avancées des processus anti-impérialistes du 20ème siècle en Afrique, en Asie et en Amérique latine); sans parler des contre-réformes incessantes qui visent à détruire les conquêtes du CNR, du Front populaire et du combat laïque de 1905 !
Amazonie en feu, 2019

7°) A l’échelle planétaire, les effets de la contre-révolution et des campagnes anticommunistes récurrentes ne sont pas moins délétères tant il est vrai que la force du camp socialiste et du Mouvement communiste et anti-impérialiste mondial constituait le socle des luttes pour le progrès social, pour la paix, la démocratie, la souveraineté des peuples, l’égalité entre les sexes, les idéaux humanistes, l’avancée de la rationalité critique ; partout et toujours se vérifie l’idée que l’anticommunisme, l’antisoviétisme et l’anti-léninisme, portent en leurs flancs la banalisation du fascisme – qui renaît partout en Europe - , du militarisme, des intégrismes religieux de toutes sortes, du néolibéralisme ravageur et du néocolonialisme sous toutes leurs formes.
 C’est pourquoi en cet automne 2019, les antifascistes conséquents, et parmi eux les communistes, mais aussi tous les vrais démocrates, patriotes, progressistes, internationalistes et autres défenseurs de la paix doivent – sans renoncer à leur réflexion critique propre sur la première expérience socialiste de l’histoire – récuser catégoriquement l’anticommunisme, et en particulier l’amalgame odieux et indécent qui assimile, sous le nom de « totalitarisme », le nazi-fascisme à ses principaux ennemis et vainqueurs historiques, l’Union soviétique et le communisme organisé. Cette résistance à la déferlante anticommuniste hexagonale, européenne et mondiale concerne tous ceux qui, communistes ou pas, ont compris que, comme disait Bertolt Brecht, « il est toujours fécond le ventre dont a surgi la Bête immonde » : cette « Bête », c’est le fascisme et la fascisation, y compris quand ils prennent des formes « nouvelles » et pseudo-modernes. Quant à ce « ventre fécond », il porte toujours les mêmes noms : exploitation capitaliste, domination impérialiste et décervelage anticommuniste cachant la haine de classe des dominants à l’encontre de celles et de ceux qui résistent à la mondialisation contre-révolutionnaire et à ses prédations déshumanisantes et potentiellement exterminatrices.  

Gilets jaunes, 2019
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Pour la direction nationale du CISC, Pierre Pranchère, président d’honneur, ancien député, ancien Résistant FTPF, Jean-Pierre Hemmen, président exécutif du CISC, fils de Fusillé de la Résistance, Vincent Flament, secrétaire général et rédacteur en chef de Solidarité de classe, Madeleine Dupont, trésorière nationale, Georges Gastaud, secrétaire international, fils d’un Résistant gaulliste.
S’associent notamment à ce texte : Léon Landini, anc. officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance, officier de la Légion d’honneur, décoré par l’URSS pour faits de Résistance, président de l’Amicale Carmagnole-Liberté, président national du Pôle de Renaissance Communiste en France (92) ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, historienne (Paris VII) ; Jacques Kmieciak, journaliste, militant CGT, président de l’association des Amis d’Edward Gierek (62) ; Annette Mateu-Casado, coordinatrice nationale du PRCF, fille de combattants communistes antifranquistes (66) ; Fadi Kassem, secrétaire national adjoint du PRCF, agrégé d’histoire (78) ; Gilda Guibert, agrégée d’histoire, animatrice des Cafés marxistes (Paris) ; Jany Sanfelieu, militante PRCF, fille de combattant républicain espagnol antifasciste (89) ; Aurélien Djament, mathématicien, syndicaliste au CNRS (59) ; Jean-Claude Houseaux, médecin (84) ; Didier Olmos, militant du PRCF (18) ; Marie-France Fovet, militante internationaliste (56) ; Gilliatt de Staërck, conducteur, responsable national des Jeunes pour la renaissance communiste en France (22) ; Stéphane Sirot, historien du syndicalisme et du mouvement social (59) ; Anna Persichini, militante syndicale de la métallurgie (06) ; Anne-Marie Coustou, professeur d’histoire retraitée ; José Minard, ouvrier du bâtiment retraité, responsable PRCF du Boulonnais ; Ekin Tek, militant communiste (75) ; Benoit Foucambert, enseignant (81);
Laurent NARDI, Conseiller municipal de Passy 74

mercredi 28 novembre 2018

Arrestation de Benoît Quennedey : une scandaleuse tentative d’intimidation contre l’AAFC !


Benoît Quennedey, président de l’Association d’amitié franco-coréenne, a été interpellé dimanche soir et placé en garde à vue, dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure à Levallois-Perret. Sa garde a vue a été prolongée mercredi matin. Officiellement, il est accusé de « recueil et livraison d'informations à une puissance étrangère ». La DGSI l’a dans le collimateur depuis un an, et une juge d’instruction a été nommée en mars dernier à ce sujet. Mais quelles « informations » cet énarque et haut fonctionnaire, administrateur de la Direction de l’architecture, du patrimoine et des jardins du Sénat, chargé de la division administrative et financière, a-t-il donc pu transmettre ?

Selon France Info TV, « il est soupçonné de transmettre à Pyongyang des informations en tout genre liées aux actualités du Sénat. » *
Bigre ! La République Populaire et Démocratique de Corée serait donc au courant des « activités du Sénat » français ! Voilà qui est grave, et nécessitait évidemment que la puissance publique finance une cellule d’enquête ! On tremble à l’idée de ce que Kim Jong Un peut faire avec cette bombe ! « S'il ne s'agit pas de secrets d’État, les services de renseignement et la juge ont tout de même décidé de l'interpeller et de mener des perquisitions à son domicile et à son bureau au palais du Luxembourg, » précise FITV. Bref, les informations en question n’ont rien de sensible, mais nos barbouzes et justiciers ont décidé de sévir malgré tout. Il faut dire que nos James Bond, OSS 117 et autres juge Dredd s’ennuient à mourir, car la France n’a aucune menace véritable à contrer – comme par exemple, des projets d’attentats islamistes intégristes, n’est-ce-pas ? Pour ceux qui persisteraient à douter de l’aspect politique de cette arrestation, le même média indique que Benoît Quennedey est aussi accusé « de faire du lobbying auprès d'élus en faveur du régime nord-coréen » ! Voilà qui est clair !

Promouvoir l’Arabie Saoudite (actuel responsable d’une guerre et d’une catastrophe humanitaire au Yemen, et bailleur de fonds notoire des terroristes de l’État Islamique), le Qatar (autre soutien des jihadistes dans le monde), Israël (qui détient le record des condamnations par l’ONU pour ses crimes contre le peuple palestinien), l’Ukraine (qui compte plusieurs néo-nazis dans son gouvernement), etc. ne vous attirera aucun ennui. Vous pouvez même vous prononcer en faveur d’une armée européenne - ce qui revient à laisser l’Allemagne mettre la main sur l’arme nucléaire française – on saluera votre esprit d’ouverture et votre engagement en faveur de la paix. 
En revanche, chercher à assouplir la position française – seul pays d’Europe avec l’Estonie à n’entretenir aucune relation diplomatique avec la RPDC ! - est assimilé à un crime ! Quoi qu’on pense de la RPDC et de ses dirigeants, elle n’est pourtant en guerre avec personne. En 1950, elle a tenté de réunifier par les armes la péninsule coréenne, dont la partie méridionale était occupée par les États-Unis, qui y maintiennent encore 25 000 soldats aujourd’hui, et imposent la division du pays contre l’avis de la population. Elle l’a payé au prix fort : Comme l’a déclaré le général O’Donnell, commandant du Far Eastern Air Force Bomber Command,en juin 1951 : « Tout, ou presque, du nord de la péninsule coréenne, est dans un état terrible. Tout est détruit. Il n’y a plus rien debout digne de ce nom... Juste avant l’arrivée des Chinois, nos avions étaient cloués au sol. Il n’ y avait plus rien à bombarder en Corée. »
L’arrestation et la garde à vue de Benoît Quennedey sont à l’évidence une manœuvre politique contre une association dont le principal tort est de refuser l’alignement de la France sur les USA. 

Le CISC proteste vigoureusement contre cette tentative d’intimidation indigne d’un pays qui se prétend « la Patrie des Droits de l’Homme ». La France s’honorerait bien davantage et en oeuvrant pour la paix en Corée et en normalisant enfin ses relations avec la RPDC, au lieu de faire preuve à son égard de moins de souplesse que Donald Trump lui-même !

* https://www.francetvinfo.fr/monde/coree-du-nord/ce-que-l-on-sait-du-haut-fonctionnaire-du-senat-soupconne-d-espionnage-au-profit-de-la-coree-du-nord_3072525.html

mardi 24 juillet 2018

Pétition internationale à l’ONU pour défendre les droits du Parti Communiste de Pologne !

Adresse à la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU -  Copie aux gouvernements nationaux des primo-signataires


Lien vers la pétition
 
A l’appel du COMITE INTERNATIONALISTE pour la SOLIDARITÉ DE CLASSE (CISC), du POLE de RENAISSANCE COMMUNISTE en FRANCE (PRCF) et de l’ ASSOCIATION des AMIS d’ EDWARD GIEREK (France), les signataires de ce texte, démocrates de toutes sensibilités, déclarent :

DÉFENDRE LES DROITS du PARTI COMMUNISTE DE POLOGNE (KPP) MENACÉS PAR LES AUTORITÉS RÉACTIONNAIRES DE VARSOVIE, C’EST DÉFENDRE LES LIBERTÉS DÉMOCRATIQUES DE TOUS DANS L’ENSEMBLE DE L’EUROPE !


Dans le silence complice des grands médias, le régime clérical-fascisant de Varsovie et sa « justice » aux ordres déploient une entreprise liberticide digne du sénateur Mac Carthy et de sa sinistre chasse aux sorcières. Au nom de la « défense de la démocratie » (!), il s’agit d’interdire le Parti Communiste de Pologne, de harceler son journal Brzask (L’Aurore) et de persécuter ses militantes et ses militants courageux.

La ridicule argumentation anticommuniste des autorités polonaises cache mal leur volonté d’empêcher les travailleurs, la jeunesse et le peuple polonais de faire échec à la fascisation de ce pays par le parti au pouvoir, le « PIS ». En persécutant les communistes, le PIS veut intimider tous les Polonais qui refusent l’étranglement des libertés démocratiques, l’arasement des acquis sociaux, la destruction des droits des femmes, la persécution des idées de laïcité et de libre pensée, le foisonnement de milices ouvertement fascistes, l’inféodation du gouvernement actuel à l’OTAN dans le cadre des préparatifs atlantiques de guerre contre le peuple russe.

L’argumentation « antitotalitaire » des autorités polonaises est grotesque : alléguer l’ « antitotalitarisme » pour interdire un courant d’opinion et purger le sol polonais de toute trace laissée par la République populaire de Pologne et par le mouvement ouvrier antifasciste, donc réduire et détruire le pluralisme politique en Pologne, c’est clairement démontrer que la référence à l’ « antitotalitarisme » n’est qu’un masque : celui de la haine de classe des privilégiés à l’encontre de tous ceux qui contestent les immenses dégâts sociaux liés à la restauration de l’exploitation capitaliste sur le sol polonais.

Loin de condamner ces agissements liberticides au nom des « valeurs humanistes » dont elle se targue, l’Union européenne ferme les yeux ; elle encourage même ces persécutions anticommunistes en pratiquant un amalgame odieux entre le fascisme et le communisme, entre l’Allemagne nazie, qui a détruit la Pologne et exterminé sur son sol des millions de juifs, et l’URSS qui a perdu 27 millions des siens pour écraser Hitler. En revanche, l’UE et la plupart des capitales européennes, dont beaucoup appliquent chez elles de graves mesures liberticides, antisyndicales et antisociales, font montre d’une rare complaisance envers les nostalgiques de Hitler et de Mussolini qui infestent déjà nombre de gouvernements européens.

Conscients qu’en toutes circonstances, l’anticommunisme d’Etat n’a jamais produit rien d’autre que la fascisation politique, la régression sociale, l’étouffement des peuples et la mise à mal de la paix mondiale, les signataires de cet appel, démocrates de toutes sensibilités, demandent instamment à la Commission des droits de l’homme de l’ONU

  • de condamner haut et fort le comportement liberticide et discriminatoire des autorités polonaises,

  • d’exiger la pleine liberté d’organisation et d’expression pour le PC Polonais de Pologne, pour sa presse et pour ses militants,

  • de réprouver le négationnisme historique qui sévit en Pologne en exigeant le plein respect de la mémoire ouvrière et antifasciste en Pologne

  • de rappeler à l’UE qu’elle s’est engagée à faire respecter la libre expression politique de l’ensemble des citoyens et des personnes qui résident à l’intérieur de ses frontières.

A l’appel de Vincent Flament, secrétaire général du Comité pour la Solidarité de classe (CISC), Georges Gastaud, secrétaire national du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF), fils de Raymond Gastaud, décoré par la République Populaire de Pologne pour avoir facilité l’évasion de soldats polonais recrutés de force dans la Wehrmacht, Jacques Kmieciak, journaliste, président de l’Association des Amis d’Edward Gierek

Liste des primo-signataires en France

  • Léon Landini, officier FTP-MOI, Médaille de la Résistance, Grand Mutilé de guerre, officier de la Légion d’honneur (92), président de l’Amicale Carmagnole-Liberté (FTP-MOI)

  • Pierre Pranchère, anc. député de la nation et anc. eurodéputé, Combattant Volontaire de la Résistance, anc. des Maquis de Corrèze, président de la commission internationale du PRCF

  • Daniel Antonini, PRCF, membre de la commission internationale du PRCF (62)

  • René Barchi, historien du détachement féminin Rodina (qui se battait aux côtés des FTP-MOI polonais dans l’Est de la France)

  • Noëlle Barth, militante syndicale (13)

  • Louis Bembenek, syndicaliste CGT retraité mineur, membre du PCF, Masny (59)

  • Dominique Buisset, poète, traducteur

  • Tristan Burot, étudiant en droit.

  • Catherine Cazenave, professeur de philosophie, Marseille.

  • Francis Combes, poète (93)

  • Sylvain Crovisier, mathématicien (92)

  • André Delcourt, ancien maire et conseiller général du Pas-de-Calais, enseignant honoraire

  • André Desmarez, journaliste honoraire, ancien correspondant en Pologne de L’Humanité (62)

  • Gilliatt De Staërck, conducteur de bus, animateur national des JRCF

  • Daniel Dewalle, ex-maire PCF d'Houdain et conseiller général du Pas-de-Calais

  • Bruno Drweski, maître de conférences, membre du conseil national de l’ARAC

  • Clément Echenne, étudiant à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) en Master d'études politiques.

  • Benoît Foucambert, professeur d’histoire-géographie, syndicaliste (81)

  • Nawres Ghabi, jeune professeur d'histoire-géographie

  • Danielle Gautier, syndicaliste de la métallurgie (63)

  • Sylvie Guduk, militante du PRCF (59)

  • Odile Hage, conseillère municipale de Douai (59)

  • Georges Hallermayer, journaliste (Moselle)

  • Patrice Hemet, porte-parole du Mouvement pour un Socialisme du 21ème siècle

  • Jean Pierre Hemmen directeur politique de la revue EtincelleS, fils de commandant FTP fusillé par les nazis, séjour de trois mois en Pologne populaire en 1953 ;

  • Jo Hernandez, secrétaire de la commission Luttes du PRCF, anc. membre du secrétariat de l’UD-CGT du Tarn

  • Jean-Loup Izambart, journaliste d’investigation indépendant, écrivain (46)

  • Wendy Johnson, traductrice

  • Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire émérite d’histoire contemporaine de l’Université Paris-VII

  • Patricia Latour, journaliste, 93

  • Jacqueline Lavy, militante syndicale CGT (74)

  • Yves Letourneur, poète, philosophe

  • Antoine Manessis, animateur de la Commission internationale du PRCF (38)

  • Annette Mateu Casado, fille de Républicains espagnols, communistes et résistants, PRCF

  • Christian Mileschi, professeur des universités, Paris-Nanterre

  • Aymeric Monville, éditeur, philosophe (92)

  • Jérémie Ozog, professeur de S.E.S., responsable formation du PCF-06

  • Anna Persichini, retraitée, syndicaliste CGT de la métallurgie (06)

  • Christophe Pouzat, neurobiologiste (94)

  • Gilbert Rodriguez, militant syndical (FSC, CGT), 83

  • Adrien Roussel, militant FERC-CGT, militant insoumis

  • Jany Sanfelieu, PRCF, fille de combattant républicain espagnol antifasciste (89)

  • Rose-Marie Serrano, militante pour la Troisième République espagnole, traductrice, Paris.

  • Roger Silvain, syndicaliste, ancien responsable CGT à Renault-Billancourt en Mai 1968 (92)

  • Romain Telliez, historien, Université Paris-Sorbonne

  • Simon Verdun, diplômé de philosophie, élève de l’Ecole Normale Supérieure

  • Eva Ruppert, membre de la direction du Comité pour la mémoire d’Ernst Thälmann (RFA)

Initiateurs hors de France

  • Alessio Arena, Secrétaire central du Fronte Popolare (Italie),

  • Massimiliano Ay, député au Parlement du Canton Tessin et secrétaire politique du Parti Communiste (Suisse)

  • Barbara Flamand, écrivaine, Bruxelles, Belgique

  • Ricardo Huerta Blanco, président de l’Association d’Amitié hispano-soviétique

  • Davide Boffi, Selena Difrancesca Antonio, Guido Salza, Francesco Delle Donne, membres du  secretariat du Fronte Popolare (Italie)

  • Quim Boix, secrétaire général de l’Union Internationale Syndicale de la Fédération syndicale mondiale (pensionnés)

  • Edoardo Cappelletti, juriste, participant au Comité Juridique de la Fédération Syndicale Mondiale et membre de la Direction du Parti Communiste (Suisse)

  • Zeno CASELLA, coordinateur du Syndicat SISA Suisse et conseiller communal du Parti Communiste à Capriasca (Suisse)

  • Julio Diaz, Secrétaire à l’organisation du Parti Communiste des Peuples d’Espagne.

  • João Ferreira, João Pimenta Lopes et Miguel Viegas, députés du Parti Communiste Portugais au Parlement européen

  • Joe Kaye, militant, écrivain, New-York, USA

  • Victor Manuel Lucas, Secrétaire du Parti Communiste des Peuples d’Espagne aux Relations Internationales

  • Anita Leocadia Prestes, professeur d’Université (UFRJ), Brésil

  • Fausto Sorrini, rédacteur de Marx 21 (Italie)

  • Carmelo Antonio Suarez, Secrétaire général du Parti Communiste des Peuples d’Espagne (PCPE).

  • Miguel Angel Villalón Rivera, secrétaire général de Union proletaria (Espagne)

mercredi 23 mai 2018

14 mai 2018 : JEUNESSE PALESTINIENNE ET 70 ANS DE NAKBA


Naître et vivre sa jeunesse en Palestine est dramatique depuis longtemps, parce que vivre en Palestine est devenu dramatique, il y a 70 ans. Actuellement 6 119 palestiniens sont prisonniers en Israël -proportionnellement au nombre d'habitants : c'est comme si 80 000 français étaient prisonniers politiques en Allemagne ou en Belgique, pays limitrophe et « illégalement » pays ennemi-, et parmi ces prisonniers 330 enfants et plus de 10 députés, c'est-à-dire des élus de l'Autorité Palestinienne. La France supporterait-elle que presque 150 de ses députés soient prisonniers en Allemagne ou en Belgique ? Quel espoir de vie non-emprisonnée reste-t-il à ce peuple palestinien, à ses élus et surtout à ses jeunes ?

Quelques exemples connus : Salah Hamouri, jeune franco-palestinien, avocat de 32 ans, emprisonné depuis le 23 août 2017 ; Ahed Tamimi, jeune fille de 12 ans, devenue un symbole international, depuis le 19 décembre 2017 ; Khalida Jarrar, jeune femme députée, depuis juillet 2017 (11 mois déjà) en détention administrative ; Munster Amira jeune adulte pour avoir manifesté en soutien pour la mineure Ahed déjà mentionnée ; Marwan Barghouti (le plus célèbre), depuis une quinzaine d'années, condamné à perpétuité et député de l'Autorité Palestinienne... et de nombreux autres. Sans oublier George Ibrahim Abdallah, combattant libanais pour la cause de la Palestine, maintenu en prison -parce qu'Israël et USA le demandent au gouvernement français- en France depuis le 24/10/1984 (soit 2 ans après les Massacres palestiniens au Liban de Sabra et Chatila), et presque 35 années de prison dans le « pays des droits de l'homme »...

Comme chaque 14 mai on célèbre la fondation de l'Etat d'Israël, et Trump a décidé de transférer sa représentation diplomatique de Tel-Aviv à Jérusalem (qui n'est pourtant pas la capitale d'Israël) précisément ce jour. Ce même jour c'est aussi l'anniversaire de la NAKBA, celui de la catastrophe pour la Palestine. Provocation de Trump et Netanyahou ? Flambée à Gaza... Déjà en 1948, l'idée que la Palestine, alors sous mandat britannique auprès de l'ONU, était une « terre sans peuple » qui convenait à un « peuple sans terre », tragiquement martyrisé lors de la Seconde Guerre Mondiale, terminée 3 ans auparavant, est une idée qui s'était alors imposée car elle convenait à peu près à tout le monde. La solution internationale pour le « peuple sans terre » depuis des siècles, le peuple juif. Seulement l'idée était tragiquement fausse -comment réparer une tragédie par une autre ?- : la Palestine n'était pas une « terre sans peuple ». Nier ses peuples arabes autochtones séculaires était et reste douloureusement absurde et lourd de conséquences violentes...



On ne peut oublier la destruction entre 1947 et 1948 de plus de 400 villages palestiniens dont le plus connu fut Deir Yassine avec ses 250 habitants massacrés par les forces militaires israéliennes, ou comme elles se définissent alors elles-mêmes : par les forces militaires juives ou sionistes. On voit clairement déjà combien l'appartenance religieuse et la mauvaise conscience de l'Occident vis-à-vis des Juifs sont alors instrumentalisées à des fins politiques brutales et coloniales : le sionisme est aussi inacceptable il y a 70 ans, comme il l'est maintenant ; certains disent qu'il est la folie meurtrière du Judaïsme, comme l'Islamisme est la folie de l'Islam. Un musulman ne doit pas plus être terroriste, qu'un juif ne doit être sioniste, ce qui revient au même au fond. Israël peut-il devenir autre chose qu'un Etat sioniste, religieux et brutal ? Peut-il voir la Nakba en face, et changer son attitude nationale ?

– 805 000 palestiniens expulsés de leurs terres, et dont les descendants attendent encore le respect et l'application de la résolution 194 du 11 décembre 1948, votée par l'ONU. Le « droit au retour » internationalement reconnu. A quoi correspond la concentration actuelle de 40000 palestiniens environ de la « Marche du Retour » de ce printemps;

– 25 000 hectares confisqués en Cisjordanie, 2 850 maisons démolies, 150 000 oliviers et arbres fruitiers arrachés ;
 
– bouclage militaire des territoires occupés, entraînant humiliation et paupérisation [dans le camps de Gaza le taux de chômage atteint 70% environ, en Cisjordanie 60%] ;

– poursuite de la colonisation rongeant Gaza, Cisjordanie et Jérusalem Est ; aujourd'hui on a dépassé les 700 000 colons, protégés par Tsahal qui tue et emprisonne des palestiniens.


La politique de ségrégation et d'extermination du peuple palestinien, peuple de 5 millions aujourd'hui, par les forces d'occupation israéliennes, intensifiée aujourd'hui, est inacceptable.

Gaza terre isolée de Palestine, est une bande de terre le long de la mer sur 41 km et concentre 1,8 million d'hbts sur 365 km2 : une véritable « prison à ciel ouvert » ! Qui plus est, sous blocus illégalement imposé par Israël depuis 10 ans !

L'historiographie officielle d'Israël nie la réalité historique de son origine : le tabou autour de la Nakba affecte même les programmes scolaires israéliens. Les pays occidentaux suivent scandaleusement et aveuglément cette attitude mensongère, influencée par un Likoud suivant un Benyamin Netanyahou (comme en 1996, lors des fâcheux « attentats suicides » en Israël, successifs à la Première Intifada, aux désespoirs et à la montée des violences) et sa politique brutale d'extrême droite intransigeante. Ici, aujourd'hui on assimile faussement toute critique politique d'Israël et antisionisme pour de l'antisémitisme. Alors que l'organisation israélienne Zochrot, fondée en 2001, prétend courageusement enseigner la Nakba à la société israélienne qui l'ignore majoritairement, et ainsi rompre le tabou, véritable obstacle à la justice et la paix. Cette organisation serait-elle condamnée pour « antisémitisme » en France ?

Le 18 Mai 2018, tout de même un député français Jean-Paul Lecocq, un seul, a eu le courage de rappeler ouvertement à l'Etat d'Israel qu'il était devenu un « Etat terroriste » depuis au moins l'opération « Plomb durci » il y a 9-10 ans et son cruel blocus contre Gaza, prétextant une guerre contre le Hamas.

Le 30 mars 2018 et “Vendredi Saint” en Palestine : Par voie d'internet et en un message chargé d'émotion, de non-violence et de dignité, le jeune palestinien Ziad Medoukh, depuis Gaza, informe le monde en direct, de la brutale, sanglante et injustifiable répression aux frontières des Forces Armées d'Israël, contre un peuple palestinien non-armé, venu en masse à la frontière (plusieurs dizaines de milliers, avec toiles de tentes et drapeaux nationaux) pour manifester et célébrer comme chaque année depuis 1976 la « Journée de la Terre ».

Cette « Journée de la Terre » est aussi la « Marche du retour » que craignent les colons israéliens et leur président Netanyahou, cette date symbolique faisant suite à l'assassinat de 6 arabes israéliens (autrement dit : des palestiniens) refusant de se voir spoliés de leurs terres par l'Etat Hébreux : Cela fait aujourd'hui 42 ans.

Le bilan provisoire du 30 mars était déjà d'une quinzaine de jeunes non-armés (tous entre 30 et 35 ans) abattus « comme des lapins » par des tireurs d'élites israéliens ou snipers depuis les miradors frontaliers, plus un milliers de blessés parmi la foule... L'horreur. L'opinion internationale était alertée par Ziad.

Le journaliste Nasser Atta, s'empresse alors sur internet d'ajouter les assassinats d'un jeune homme désarmé dans le dos et d'une femme agitant un drapeau. Bilan alourdi plus tard de 60 morts, lundi 14 mai 2018.

Le camps israélien accuse le Hamas, groupe islamiste élu, actuellement majoritaire dans les Autorités Palestiniennes de Gaza : il manipulerait et serait seul responsable des violences. Si la quinzaine de jeunes assassinés le 30 mars étaient bien militants membres de branches armés islamistes comme les Brigades Izz-al-Din-al-Qassam appartenant au Hamas, ils n'en étaient pas moins chacun désarmés ce jour-là et mêlés au Peuple Palestinien pacifique mais légitimement en colère. On ne peut pas non plus oublier les plus de 1000 blessés graves palestiniens qui vivront handicapés jusqu'à leur mort : il ne s'agit pas là du Hamas.

Pendant presque 2 mois, les violences meurtrières se sont poursuivies chaque jour jusqu'à dépasser la centaine de morts (assassinés par les snipers israéliens, jusqu'au 14 mai) et la Journée Internationale de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Palestiniens du 17 avril est passée sous silence, ou du moins Israël n'a rien laissé filtrer par internet. En 2017, année des 50 ans des occupations militaires brutales, 1300 prisonniers politiques s'étaient mis en grève-de-la-faim illimitée, le 17 avril, 900 avaient dépassé les 40 jours : Israël avait rendu légale l'alimentation forcée de ses prisonniers, pratique condamnée par l'ONU.

Et Marwan Barghouti (qui n'est pas du Hamas) réaffirmait alors: « Rien, ni les souffrances, ni les peines, ni l'oppression, ni les sacrifices, ni les assassinats, rien ne peut nous faire oublier nos droits et nous soumettre ».

Il rappelait aussi cette position politique du Fatah exprimée depuis plus de 15 ans : « L'occupation ne peut continuer. Il n'y a qu'une solution pour mettre fin à l'Intifada. Deux Etats pour deux peuples, ou alors le sang continuera de couler ».

Des jeunes palestiniens comme Ziad Medoukh, ou comme Jannah Tamimi, cousine d'Ahed déjà mentionnée, et qui prend très au sérieux depuis Nabi Saleh son rôle de cyber-journaliste, ont su provoquer une vague de condamnations internationale, après le bain de sang de Gaza et ce funeste printemps palestinien.

En France il nous faut donc : -nous informer sur la Nakba, sur les guerres du Liban, sur 1967... ;


-amplifier notre solidarité internationale avec les prisonniers palestiniens ;

-renforcer la campagne de Boycott-Désinvestissement-Sanctions : BDS ;

-demander la reconnaissance de l'Etat Palestinien dans les frontières de 1967.

C'est dignement que Palestine vivra, Palestine vaincra !







jeudi 1 février 2018

Répression anticommuniste en Pologne: Henri Dudzinski, le consul de Pologne à Lille, aux abonnés absents !

Le Comité internationaliste pour la solidarité de classe, l’association Les Amis d’Edward Gierek, le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF) et la Fédération du Pas-de-Calais du Parti communiste français (PCF) souhaitaient rencontrer Henri Dudzinski, le consul honoraire de Pologne à Lille, afin de lui exposer leurs préoccupations concernant la situation du Parti communiste polonais (Komunistyczna Partia polski / KPP). Celui-ci fait, outre-Oder, l’objet d’une répression impitoyable. Deux de ces militants sont, aujourd’hui, menacés de prison pour le simple fait d’avoir exprimé des opinions dans Brzask, la revue du parti, et sur leur sites internet. Leur procès se déroulera à Dabrowa Gornicza (Haute-Silésie), ce jeudi 1 er février 2018.
Le consul a opposé à ces quatre organisations une fin de non-recevoir sous prétexte de « n’avoir aucun pouvoir » et qu’elles allaient « perdre leur temps à aller le voir » ! Et le diplomate d’affirmer qu’il n’exerçait qu’une « fonction honorifique ». Quel « honneur » en effet que de servir le gouvernement « national-catholique » de Varsovie sur la pente de la fascisation… Ancien journaliste à La Voix du Nord, Henri Dudzinski, s’était, après de longs mois de silence, finalement exprimé dans les colonnes de ce quotidien 2 au sujet des débaptisations des rues et places évoquant la Pologne populaire ou plus largement l’idéal communiste. Il y affirmait refuser « la dictature, qu’elle soit brune, rouge ou noire ». Plutôt paradoxal quand, dans ces mêmes colonnes, le consul lançait un plaidoyer en faveur de cette Union européenne supranationale et néolibérale. Une véritable machine de guerre imaginée dès ses débuts au service de la classe capitaliste, destinée à broyer la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, à briser la protection sociale ou à détricoter le droit du travail…

Une insulte à la mémoire de la Résistance
En refusant de recevoir une délégation dans ses locaux de Lens 3 , Henri Dudzinski fait donc bien peu de cas de la répression qui affecte les communistes polonais. Ou un sens des Droits de l’homme à géométrie variable pour ce thuriféraire de l’inénarrable Lech Walesa qui a livré son pays aux appétits capitalistes ! Un refus d’autant plus malvenu qu’Henri Dudzinski, figure de la Polonia 4 du
Nord-Pas- de-Calais, travaille aujourd’hui à la célébration du centenaire de la convention franco-polonaise de septembre 1919. Un accord qui organisa l’émigration massive de citoyens polonais fuyant la misère de la Pologne nobiliaire pour les mines de charbon du Nord de la France. Parmi ces émigrés, les Burczykowski, Bronislaw Kania, Józef Kolorz, Antoni Kochanek, autant de résistants communistes qui tombèrent sous les balles des nazis en France ou des fascistes en Espagne. Des résistants luttant « pour votre et notre liberté », dont le KPP revendique justement la filiation. Ignorer une demande légitime d’organisations porteuses des revendications d’une frange de l’opinion publique 5 revient aussi à insulter la mémoire de cette aile gauche de la communauté franco-polonaise du Nord. A l’instar de Thomas Olszanski ou d’Edward Gierek, ses acteurs luttèrent pourtant
sur le front de classe pour l’amélioration de la condition ouvrière. Mais, sans doute, s’agit-il pour notre consul de ne pas heurter la sensibilité du gouvernement polonais susceptible de financer, en
2019, les cérémonies du centenaire ?
« La valeur d’un homme ne se mesure pas à son statut. La valeur d’un homme réside dans son courage », révèle une citation célèbre. D’aucuns en manquent assurément…

1 Un rassemblement de solidarité avec le KPP s’est déroulé à Paris, ce samedi 27 janvier 2018. Le lien :
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe- capital/rassemblement-de- solidarite-
communistes-polonais/
2 La Voix du Nord (édition de Lens), 13 septembre 2017
3 Henri Dudzinski dirige l’Institut des civilisations et études polonaises (ICEP) dont les locaux se
trouvent à l’université de Lens.

4 Ce terme désigne l’ensemble des immigrés polonais et de leurs descendants.
5 A l’initiative de l’association Les Amis d’Edward Gierek, une pétition (dite « Appel des 118 ») a été
adressé à Tomasz Młynarski, l’ambassadeur de Pologne en France, et à Henri Dudzinski. Aucun n’a daigné
accuser réception de ce courrier. Le lien : https://www.initiative-communiste.fr/wp-
content/uploads/2017/12/Appel-des- 118-pologne.pdf

mardi 30 janvier 2018

Message du KPP lu devant l’ambassade de Pologne à Paris lors du rassemblement de soutien aux communistes polonais, le 27 janvier 2018

« Nous remercions toutes les organisations et les personnes présentes à cette manifestation, notamment ceux qui soutiennent depuis 1 an et demi notre lutte contre les répressions anti-communistes en Pologne. Depuis deux ans les membres du Parti Communiste Polonais KPP doivent faire face à ce procès ou on les accuse de « propager le communisme » dans leur journal « Brzask » et sur leur site internet. Ils sont accusés en effet d’avoir appelé à une révolution pour mettre fin à ce qui est le vrai totalitarisme, le capitalisme. Les autorités de la Pologne répriment de plus en plus les opinions communistes en les portraiturant en « idées totalitaires ». Il y a un an le tribunal avait arrêté les poursuites mais le procureur a fait appel et la procédure a été renouvelée. L’audience prochaine aura lieu le 1 février 2018.

Pour avoir écrit de simples articles, les membres du KPP peuvent être condamnés jusqu’à deux ans de prison !

Ce procès est un élement clé des répressions contre la gauche révolutionnaire et communiste qui ont lieu en Pologne. Cette accusation est un instrument visant à interdire, délégaliser le Parti Communiste Polonais et de criminaliser les idées communistes. Depuis la prise du pouvoir fin 2015 le parti Droit et Justice PiS intensifie les répressions et l’anti-communisme devient une composante primordiale de l’idéologie officielle de l’Etat. De l’espace public on détruit et élimine tous les monuments et signes de mémoires du temps du socialisme et de la lutte contre le fascisme.

Dans le cadre de la loi sur la décommunisation des noms de rues liées à l’histoire du mouvement ouvrier ont été débaptisées. Les autorités détruisent aussi les monuments erigés en mémoire des soldars de l’Armée Rouge qui sont morts en libérant la Pologne du nazisme. Des destructions sont opérées y compris dans les cimetières ce qui à juste titre susciste colère et incompréhension au niveau international. Ces détructions barbares s’accompagnent d’une propagande mensongère réécrivant l’Histoire et éliminant toutes les réalisations positives du socialisme. La campagne de mensonge envahit même les manuels scolaires.

L’acteur clé de cette campagne est l’Institut de mémoire nationale, de sinistre mémoire ! Cette institution, née en 1997 de la première loi de « lustration » est une institution non prévue dans la Constitution et pourtant disposant d’un gigantesque pouvoir. Elle est une agence d’Etat à mi chemin entre une institution d’archives (l’IPN s’est progressivement accaparé la totalité des Archives du 20ème siecle après avoir mis la main sur les archives de l’ancienne police des services secrets UB) et un tribunal. Ce tribunal statue sur la base des archives sur la vie des citoyens sans que ces citoyens puissent faire appel de sa décison ! Une juridiction d’exception qui peut briser les carrières, des vies, diffamer publiquement des gens et empécher des personnes d’excercer leur citoyenneté (en effet toute personne postulant à un poste public doit remplir une « fiche de lustration » qui est contrôlée par l’IPN) est complètement contraire à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), aux droits de l’homme, aux valeurs de l’Union européenne (UE)... Mais l’UE, si prompte à accuser la Russie détourne les yeux depuis des décennies sur les violations des droits humains en Pologne !

L’Institut de mémoire nationale reçoit de plus en plus de subventions publiques afin de pouvoir empoisonner les esprits, notamment des jeunes. Chaque année les subventions sont plus grandes afin de lui permettre de manipuler la mémoire nationale, porter au pinacle comme prétendus « résistants soldats maudits », les fascistes polonais des Narodowe Sily Zbrojne (NSZ) ou banaliser l’Insurrection de Varsovie comme étant un jeu bon pour les enfants. Certains membres du comité de direction de l’IPN ont en effet des liens avec le mouvement néofasciste.

La Pologne de 2018 n’est pas un pays respectant la liberté d’expression ; ni la liberté de réunion, ni d’association. C’est pour cela que la solidarité des forces révolutionnaires internationales est si importante. Le KPP a besoin de votre soutien parce qu’il va continuer la lutte malgré tout.

Les pouvoirs peuvent interdire un parti ou une organisation mais on ne peut interdire une idée.

Le KPP a besoin de ce qui a toujours fait la force du mouvement communiste révolutionnaire : La Solidarité Internationale !

A bas la répression anticommuniste en ¨Pologne !

Vive la solidarité internationale communiste !